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LEGUELMOIS

Vouloir la liberté sans sacrifice, c'est vouloir la pluie sans orage. Le sacrifice est l'acte de foi et le prix à payer !!

alim cherfa

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Cadre Dirigeant à la retraite.
Souhaite partager son expérience avec les autres.
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Les 1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie
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Merlin French

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May, 2009

Raisons du départ des Pieds-Noirs d'Algérie

            

 

LES PIEDS-NOIRS ET RAISONS DE LEUR DEPART D’ALGERIE

 

A la date de l’indépendance de l’Algérie, en 1962, la fête ne fut pas pour tous, surtout pour les milliers

d’Harkis (algériens supplétifs de l’armée française) et le million de Français (européen) pourtant nés en

Algérie, avaient vécus et travaillés sur cette terre qu’ils ont tant aimés, et à laquelle ils ont été arrachés,

un jour brutalement, comme une dent à leur pays d’origine.

Environ, un million d’Algériens, d’origine européenne, ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens.

Il en est de même de quelques cent mille Israélites, dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés,

là, en Algérie, 1000 ans avant l’avènement de l’Islam.

Tant de gens se demandent pourquoi les Français d'Algérie ont décidé de quitter massivement un

pays auquel ils étaient aussi charnellement attachés ? Ces derniers ont toujours cherché à faire

croire que la seule raison de leur départ était le risque qu'ils couraient pour leur vie ou, au mieux, de devenir

 des habitants de seconde zone méprisés et brimés.

Or cela ne correspond que très partiellement à la réalité. Même s’il y avait eu trop d’accumulation de haines,

trop de sang versé, trop de peurs durant la guerre d’Algérie et qu’il était difficile de cohabiter avec ceux

qui avaient été spoliés, au XIXe siècle, de leurs terres parce qu'on imaginait qu'ils étaient inférieurs.

Pourtant on peut lire dans les appels FLN lancés, en Février 1960, aux Européens d'Algérie : "L'Algérie

est le patrimoine de tous (...). Si les patriotes algériens se refusent à être des hommes de seconde

catégorie, s'ils se refusent à reconnaître en vous des supers citoyens, par contre, ils sont prêts à

vous considérer comme d'authentiques Algériens. L'Algérie aux Algériens, à tous les Algériens,

quelle que soit leur origine".

Mais, si la raison véritable de cet exode massif n'était pas le risque encouru pour leur vie et leurs

biens, qu'y a-t-il eu d'autre ? Chez certains intellectuels progressistes, la réponse fuse : "La grande

majorité des Pieds-Noirs a quitté l'Algérie non parce qu'elle était directement menacée, mais

parce qu'elle ne supportait pas la perspective de vivre à égalité avec les Algériens !"

L'idée d'être commandés par des Algériens faisait peur à ces pieds-noirs qui se sentaient plus civilisés.

Leur sentiment de supériorité était une évidence du racisme colonialiste qui régnait en Algérie et

qui les a contraints à n’avoir aucun rapport normal avec les Autochtones.

Donc, on peut déduire que la vraie raison du départ de la majorité, d’entre eux, se trouve dans

l’incapacité d’effectuer une réversion mentale et admettre que la notion "colonisation" a été condamnée

par tous les peuples épris de paix et de justice, y compris le peuple français victime, au cours de son histoire,

de la bêtise humaine. Les Pieds-Noirs colonisateurs, quels qu'ils soient, même ceux situés au plus bas

de l'échelle sociale, se sentaient supérieurs aux plus élevés des Musulmans. Pour rester, il fallait être

capable, du jour au lendemain, de partager toutes choses avec des gens qu'ils avaient l'habitude

de commander ou de mépriser.

Cette tragédie reste une douloureuse plaie qui ne se cicatrisera que lorsque les acteurs de cette tragédie

auront disparus et que, sans passion, les Historiens analyseront objectivement la colonisation de l'Algérie.

Puissent la France et l’Algérie reconnaître que rien ne sert de rester toujours à distance, sans rien faire

pour dissiper l'ignorance mutuelle, les malentendus causés. Le brouillard se lèvera, un jour ou l'autre,

entre les deux rives, et l'on se reconnaîtra.

Pour se rencontrer et se reconnaître, la France doit faire sa part de chemin, la plus grande, sans aucun

doute, car c’est elle qui détenait l’autorité dans la période coloniale. L’Allemagne, qui fut nazie, à eu le

courage de présenter ses excuses au peuple Juif !!

Tous ceux qui ont passionnément aimé l’Algérie sont d'accord pour construire le futur de nos deux

générations. Ce qui a été réussi en Europe peut l’être aussi en Méditerranée. Il revient aux générations

actuelles d’achever la réconciliation entre ceux qui se sont battus hier pour ouvrir aux plus jeunes un

avenir de partage et de prospérité.

                                                                                    Leguelmois.

 

 

April, 2009

Le Tatouage (El-Ouchem) en Algérie

 

Le Tatouage Us et Coutumes Algériennes

 

Généralités

Aux temps reculés, l’Algérie, vaste carrefour, a vu arriver sans cesse depuis les temps les plus anciens, des fugitifs et des conquérants de toute provenance. Elle a été un réceptacle ouvert à toutes les races de l'Asie et de l'Europe.

Par sa culture millénaire, sa population plurielle, sa richesse culturelle, l'Algérie est sans doute, l'un des carrefours de civilisation, le plus avéré, du bassin Méditerranéen.

En Algérie, le tatouage, pratiqué par les femmes Berbères, est surtout un symbole esthétique. C'est aussi un signe de rattachement à une tribu ou à un groupe social. Le tatouage est supposé avoir une valeur rituelle et prophylactique et qu’il existait à l’époque préhistorique. Dans l’Antiquité, on rapporte que c'est par un semblable procédé que les esclaves portaient, écrit sur le corps, le nom de leurs maîtres.

Lee tatouage est une tradition commune à presque tous les Nord-Africains. En Afrique noire on remplace le tatouage par des balafres, sortes de sillons qu'on fait avec des lames aux visages des hommes et des femmes.

À l'origine, le tatouage n'avait pas un but esthétique mais correspondait à un rite de mutilation magique et protectrice. En effet, tous les tatouages, observés au sein de populations Africaines, étaient à la fois des remèdes et des agents prophylactiques fondés sur la croyance selon laquelle la survenue d'une maladie serait due à un phénomène surnaturel.

Ainsi, pour s'en prémunir, on empreignait, sur la peau, divers symboles esthétiques, où chaque trait, chaque cercle, chaque motif avait son rôle et dont les significations n'ont pas toutes été élucidées.

Méthode d’exécution

Il fut une époque, ou les femmes de la famille des Béni Adass (une ancienne tribu Berbère de la région de Ain Defla) en faisaient une spécialité professionnelle. Elles se déplaçaient dans les villages pour tatouer celles qui en formulaient la demande. Elles exerçaient leur art sur les visages, ou les mains. Elles dessinaient des formes différentes, un Burnous sur le front ou sur le menton et une Mouche sur chaque joue. La méthode était assez simple et même primitive.

Pour l’exécution du tatouage, ces fameuses femmes de Béni-Adass prenaient une aiguille avec laquelle, elles saupoudraient l'endroit précis de suie (Hmoum). Après une semaine ou deux, le dessin sur la peau devient bleu et on obtient ainsi le motif choisi.

Leur méthode consiste à dessiner l’objet sur la partie du visage, à l'aide d'une plume trempée dans le Kôhl (sulfure d’antimoine), délaye dans l’eau. Après quoi et suivant le tracé, elle pique la peau avec une grosse aiguille à coudre jusqu’à faire couler le sang. Puis, elle passe un tampon d'étoffe trempé dans le Kôhl sur le tatouage et laisse sécher à l air libre sans pansement.

D’autres méthodes consistent à tracer d'abord le dessin avec de la suie (Hmoum, noir de fumée) prise préalablement sur le fond d'une marmite et délayée dans un peux d'eau. Ensuite, elle pique la peau à l’aide d'épine de cactus trempée, à chaque fois, dans la suie. Elle termine l’opération en mettant sur la plaie un emplâtre de suie maintenu au moyen d'une bande.

La légende raconte, qu'une femme veuve était un présage de malheur et pour conjurer le mauvais sort, on lui tatouait les jambes et le sang qui sortirait effacerait le prétendu malheur !

Motifs de tatouage

Les femmes Berbères pouvaient se tatouer à n'importe quel âge. Mais le plus souvent avant le mariage Le tatouage était un acte personnel, la femme mariée n'étaient pas tenues de consulter, au préalable, son mari.

Parmi les motifs de tatouage sur le visage, les plus fréquemment représentés en Afrique du Nord, on retrouve la fleur de lys, la patte de corbeau, le losange et la croix. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la croix n'est pas dans ce contexte liée au christianisme ; ce symbole était, en effet, déjà représenté à l'époque de l’âge de pierre (Néolithique).

La femme Berbère se tatouait principalement le visage et les membres supérieurs. Elle apprécie surtout les dessins sur le front, les joues, le menton, les mains. Cela lui assure une puissance magique et une protection. Par exemple, un peigne, tatoué sur le bras d'une tisseuse, lui assure de l'habileté ; tandis que le tatouage d'un scorpion représente un signe de protection ; les motifs en forme de roue sont employés pour guérir les tumeurs ; La petite croix sur le front a pour effet de mieux supporter la douleur. D’autres motifs sont employés contre la malédiction.

Il y a des siècles, le tatouage représentait chez la femme, non pas une finalité esthétique et séductrice, mais une expression visible de la douleur, une matérialisation du drame sur soi.

La femme qui venait de perdre son époux se tatouait le menton (redonnant sur son propre visage naissance à la barbe du mari perdu). Celle qui assistait à l'emprisonnement de son mari, immortalisait les menottes de l'humiliation de son homme, sous forme d'anneaux sur ses poignets. Elle se tatouait aussi des anneaux au niveau des chevilles, faisant référence aux lourdes chaînes traînées par son mari, pris en guerre par l'ennemi.

En effet, cette matérialisation du drame sur soi était le propre de milliers de femmes Berbères. Le tatouage était un refus de l'autre et un signe de résistance à tout conquérant.

Les hommes n'étaient pas en marge de cet art particulier, mais contrairement aux femmes, ils ne se tatouaient jamais le visage. Ainsi, il était fréquent que les paysans se tatouaient la main droite. Ce tatouage magique était sensé les protéger des accidents corporels et leur donner force et vigueur.

Ces pratiques ont perduré des siècles durant. Jusqu'à la moitié du vingtième siècle, le tatouage continuait d'être une marque d'appartenance tribale ou régionale. Ses autres expressions, la douleur notamment, avaient pratiquement disparu.

Interdiction religieuse

La pratique du tatouage fut longtemps condamnée par les religions (surtout Judaïsme et Islam). Les musulmans considèrent le tatouage comme des stigmates du diable (Kibat el chaytan en Arabe).

L'Islam condamne le tatoueur, aussi bien que la tatoué. Selon le Coran, rien ne doit modifier la création de Dieu sous peine d'être un allié de Satan. “... Je leur ordonnerai et ils dénatureront la création d'Allah...” (Sourate 4 - V 119).

De plus, un hadith (tradition relative aux actes et paroles du Prophète Mohammed (âlih eçalat wessalem), qui fait jurisprudence après le Coran) condamne celle qui tatoue et celle qui se fait tatouer.

La femme tatouée sera punie par Dieu ! Elle sera piquée par autant de scorpions qu’elle en a de tatouage, dit-on, notamment, dans les Aurès. Ou encore, pour éviter le châtiment divin, la tatouée doit donner aux pauvres autant d'argent pour recouvrir les tatouages qui ornent son corps.

Cependant et malgré l’interdiction religieuse, le tatouage reste très répandu. Les coutumes du passé prennent le dessus sur l'interdit. Pour parer à cet interdit, les femmes lui ont substitué un tatouage éphémère. Un tatouage esthétique au henné que les femmes se font sur les pieds et sur les mains.

De nos jours

De nos jours, le tatouage, qu'il soit indélébile ou au henné, est considéré comme une expression artistique ou un ornement pouvant revêtir plusieurs significations. Il suscite en tout cas mystère et convoitise. Mais peut-être sans le savoir, celles et ceux qui pratiquent le tatouage, perpétuent une technique ancestrale, vielle de plusieurs milliers d'années et qui n’est pas prête à disparaître !

A travers l'histoire évolutive, sa portée est allée plus loin que la recherche de la perfection physique et ou celle d'une arme de séduction.

Dans les années soixante, l'Occident, pourtant étranger à cette culture, l'a adoptée. La révolte de toute une génération en a usé pour exprimer son rejet de la manière de vivre de l'après-guerre. Un moyen d'expiation, où des dizaines de clients défilent, aujourd'hui encore, sous l'aiguille du Tatoueur.

Certains préfèrent tatouer sur les parties les plus viriles de leur corps. Sur le torse ou le dos, ils adorent avoir un aigle, un serpent ou la tête d'un lion. A titre de souvenir ou d'amour impossible, certains tatouent même l’image de leur bien-aimée…etc.

Le corps en est la victime de cette mutilation qui rappelle les pratiques de chirurgie rituelle chez les peuples primitifs. Ces peuples, lors de l'initiation, font entrer dans la culture ce qui est de l'ordre de la nature (circoncision, excision, subincision).

Placé entre le dedans et le dehors de la peau. Cette dernière est tout à la fois, enveloppe du corps et du Moi, frontière entre intérieur et extérieur et lieu d'échanges privilégiés, le tatouage reste de toute évidence un processus secret, un cheminement psychologique parfois long, dont le tatoué lui-même n'a pas toujours entièrement conscience.

................................................................................................ Leguelmois.

 

March, 2009

Principales écoles du Sunnisme de l’Islam

 

Les quatre principales écoles du Sunnisme authentique

 

Le fiqh (dérivant du verbe signifiant comprendre) du message de l'Islam sur le plan juridique est traduit en jurisprudence islamique par des docteurs de l'Islam. Ceux sont des prescriptions d’ordre juridiques fixant les limites qu’un musulman ne peut transgresser.

Il existe plusieurs écoles ou madhhab (voie) de fiqh, tant sur la branche du Sunnisme que dans le Chiisme. Ces écoles prennent généralement le nom du juriste qui les a fondées. Le concept de taqlid, c’est-à-dire suivre sans en connaître les principes directeurs ou imitation aveugle selon d'autres, étant bien souvent apparue après leur existence.

Les quatre principales écoles du Sunnites (madhhab), du droit Musulman ou sa jurisprudence (Fiqh), sont :

 

- L’école Hanafite

Le Hanafisme, la plus ancienne des quatre écoles sunnites, est basé sur l'enseignement de l'imam Abû Hanîfa Al-Nu'man Ibn Thabit (699-767) et de ses suiveurs, théologien et législateur Iranien qui vécut en Mésopotamie.

L'école hanafite, représentative des musulmans non arabophones, est la principale école de l'islam depuis l'époque Oumamyoun. Elle est particulièrement répandue dans l’ex-Empire ottoman, dans les régions asiatiques à l'Est de l'Iran (Chine, Afghanistan, Pakistan, Inde, Bangladesh) mais aussi en Jordanie. Elle représente environ 30% des musulmans.

Cette école est la plus libérale des quatre dans le sens où elle a recourt à l'analogie pour déduire des principes, l'opinion personnelle du juge et la réflexion occupent une large place.

 

- L’école Malékite

Le Malékisme est basé sur l'enseignement de l'imam Mâlik ibn Anas (environ 715-795). Il diffère essentiellement des trois autres écoles par les sources qu'il utilise pour déterminer la jurisprudence. Si les quatre écoles utilisent le Coran, la sunna, ainsi que l'ijma (le consensus des experts) et les analogies (qiyas), le malékisme utilise également les pratiques des habitants de Médine (Amal ahl al-medina) comme sources de la jurisprudence (fiqh).

Il est majoritaire en Afrique du Nord et d'une partie de l'Afrique de l'Ouest. Suivie par environ 20% des musulmans, c'est la troisième école en nombre de pratiquants.

Ces pratiques, d'après le fondateur du malékisme Mâlik ibn Anas, sont parfois plus importantes que les hadiths même. En effet, comme Mohammed (âlih eçalat wessalem) avait choisi de vivre à Médine et y est mort, que ses compagnons y vécurent, le mode de vie des habitants de la cité est vu comme une sunna appliquée.

 

- L’école Chafiite

Le Chaféisme, basé sur l'enseignement de l'imam abou abdallah iben idrīs ach Chafii (767-820), adopte l'opinion des traditionalistes. Il limita la Sunna aux seules traditions attribuées formellement au Prophète. Il n'accepte le Qiyas que lorsque aucune indication n'a été fournie par les trois premières sources (Coran, Sunna, Idjma) et il rejette catégoriquement l'opinion personnelle (Ra'y). Ce fut l'école officielle du califat abbasside.

Il est pratiqué en Indonésie, Turquie, Thaïlande, aux Comores, aux Philippines et en Inde et est religion d'État au Brunei Darussalam et en Malaisie . Environ 25% des musulmans appliquent ses préceptes.

 

- L’école Hanbalite

Le Hanbalisme, basé sur l'enseignement de l'imam Ahmed ben Hanbal (780-855), prône l'origine divine du droit en réaction au mutazilisme inspiré par la philosophie grecque du VIIIe siècle.

Le Hanbalisme est le socle du traditionalisme ; sa richesse de pensée a souvent inspiré les grands réformistes du début du XXe siècle : Al Afghani, Mohammed Abdou, Rachid Rida, etc.

Bien que minoritaire dans la population musulmane mondiale (8,5%), le hanbalisme est prédominant dans la péninsule Arabique, notamment en Arabie Saoudite où la jurisprudence actuellement utilisée est de tradition Hanbalite Salafite, l'une des branches de ce madhab.

 

Ces quatre écoles partagent la plupart de leurs lois, mais diffèrent sur les hadiths qu'elles acceptent comme authentiques et sur le poids relatifs attribuées aux analogies (Qiyas) utilisées pour décider des cas difficiles. Ces écoles diffèrent également quant aux sources de leur droit.

 

..................Leguelmois

 

 

 

 

 

Tariqates (confréries religieuses) de l'Islam

 

          

 

                PRINCIPALES TARIQATES AME DE DEFENSE DE L’ISLAM

 

La noblesse religieuse

Depuis l’avènement de l’Islam, les Zaouïas algériennes, écoles par excellence du Coran, des sciences religieuses et d’initiation au tassawùf, se sont impliquées dans la défense et l’expansion de l’Islam.

En général, la société Arabo-musulmane repose sur trois éléments principaux : l’influence de la consanguinité qui est dérivée des textes Coraniques, la forme aristocratique dynastique qui résulte à la fois des préceptes religieux et des habitudes régionales, l’instabilité des centres de population qui résulte d’un caractère culturel nomade.

Les tribus, en tant qu’élément politique et administratif territorial, étaient administrées par des hommes tirés de leurs seins. Des hommes influents, issus de noble origine ayant la charge de l’ordre spirituel et temporel, constituent une aristocratie militaire et religieuse.

A cette époque et même de nos jours, il existe trois sortes de noblesse, à savoir :

- La noblesse d’origine : On appelle noble d’origine ou Chérif tout musulman qui peut, au moyen de titres en règle, prouver qu’il descend de Fathma-Zohra, fille du Prophète (âlih eçalat wessalem) et de Sid-Ali-Ibn Abou-Thaleb, sur lui l'agrément divin. Les Chorfas jouissent de prérogatives plutôt morales que matérielles ; leur influence ne se mesure pas sur les honneurs qu’on leur rend.

- La noblesse temporelle ou militaire : Portant le nom de Djouads, ce sont les descendants des familles illustres du pays, ou bien encore de la célèbre tribu de Koraïche. La plus grande partie des Djouads tire son origine des premiers conquérants venus du Moyen-Orient à la suite des compagnons du Prophète (âlih eçalat wessalem). Ils sont renommés pour mener les combats.

- La noblesse spirituelle ou religieuse : Son influence sur la population est encore plus puissante que la noblesse militaire, quoiqu’elle ne soit pas basée sur les mêmes fondements. Les membres héréditaires de cette noblesse s’appellent Chioukh, des hommes ayant fourni la preuve de leur nature supérieure de produire des miracles. Ils sont spécialement voués à l’observance des préceptes du Coran et à l’instruction des musulmans.

C’est eux qui, aux yeux des croyants, conservent intacte la foi musulmane et leurs prières sont plus rapprochées de la divinité ; ils règlent à la fois les discussions privées et les questions d’intérêt général ; leurs paroles deviennent des oracles auxquels la superstition ordonne d’obéir ; leur influence spirituelle ou temporelle est assez grande pour allumer une guerre sainte ou pour rétablir la paix.

Au sein de ces trois noblesses, vivaient des Chioukh religieux qui disparaissaient tour à tour ou deviennent soit des sectateurs fervents soit des chefs de tarikates puissantes. Affranchis de tout joug spirituel ou temporel, ils formaient une sorte de théocratie, bénéficiant, à la fois, et de l’ascendant qu’ils avaient su acquérir sur les masses et de la décadence des Princes dynastiques.

Parmi les doctrines, qui sont la base de l'islam, une des plus importantes est celle de l'Imamât (Sainteté), représentée par des hommes avec lesquels le Prophète reste toujours en communication et qui établit la suprématie du pouvoir spirituel ou religieux sur le pouvoir temporel, de telle sorte que, sans réputation de sainteté, aucun chef ne pourra acquérir un pouvoir efficace et durable dans la société musulmane.

Pour les musulmans fidèles, le pouvoir temporel n'a aucun prestige et doit toujours être soumis au contrôle religieux. Cette doctrine limitait le pouvoir tyrannique et absolu que les chefs de Dynastie étaient trop facilement tentés de s'arroger en s'appuyant sur la loi du plus fort. Elle était une garantie de justice et de liberté pour le plus faible, qu'elle protégeait, dans une certaine mesure, contre les abus de la force ; mais elle donnait elle-même naissance à d'autres abus en mettant les chefs religieux au-dessus de tout contrôle et en substituant un absolutisme à un autre.

L'idée de nationalité et la notion de patrie font défaut dans la société musulmane ; l'Arabo-musulman, à cette époque, ne concevait pas nettement une collectivité d'intérêts supérieure à la tribu ; dans certaines circonstances, à une confédération de tribus. C'est ce qui explique pourquoi toutes les conquêtes ont été relativement faciles. Plus tard, Abd el-Kader a échoué lorsqu'il a voulu réunir dans une même pensée de révolte les populations de l'Algérie pour constituer un royaume Arabe.

Le seul lien qui solidarise les tribus, c'est le lien religieux, mais là encore se manifeste pourtant l'esprit de division qui semble être une des caractéristiques innée. Le Coran est bien la doctrine commune de tous les musulmans ; mais il a eu ses commentateurs, qui ont plus ou moins altéré la pureté et la tolérance de la doctrine ; il s'est formé non seulement des sectes, mais encore de nombreuses petites sociétés religieuses.

L'islamisme, tout comme le christianisme, a ses saints. A diverses époques et dans divers lieux, certains hommes ont acquis un grand renom de sagesse, de science, et de piété. On les a considérés comme les élus d’Allah, intermédiaires de ses faveurs, ayant le privilège de ses bénédictions et désignés par lui pour diriger les autres hommes. On les honore, on vénère leurs tombeaux, on les prie d'intercéder pour obtenir des grâces ; mais on croit en outre que leur descendance hérite de la baraka (bénédiction céleste) et c'est ainsi que certaines familles jouissent d'une influence religieuse considérable qui leur donne une grande autorité. Ce sont les familles de Chioukh.

Les Chioukh sont fort nombreux en Algérie. Quelques-uns, dont les ancêtres avaient une grande réputation de sainteté, ont groupé autour d'eux un nombre considérable de fidèles ou serviteurs religieux. Ceux-ci se mettent sous la protection spirituelle du Saint, observent certaines pratiques particulières, portent quelquefois un chapelet qui est un signe de reconnaissance, obéissent avec dévouement aux chefs, qui sont les héritiers de la baraka.

Les Tariqates (confréries religieuses) ne sont point des sectes, bien que chacune ait son rituel spécial. Elles ne sont ni ennemies, ni divisées au point de vue du dogme, bien qu'elles se jalousent mutuellement.

El khouan (adeptes), entre les mains du Cheikh comme le cadavre entre les mains du laveur des morts, reçoivent un chapelet et un djirk (formule de prière) ; ils payent une redevance sous forme d'aumône, ou ziara, aux mokaddem, qui chaque année parcourent les tribus. Ces redevances accroissent les richesses de la tariqa, généralement, employées généreusement en bonnes œuvres.

Le centre religieux des tariqates est la Zaouïa (chapelle) qui sert de lieu de sépulture à la famille qui a fondé l'établissement, et où tous ses serviteurs religieux viennent se recueillir ; c'est un lieu de prière, souvent une école, un centre littéraire. C'était aussi un lieu d'asile, et c'est toujours une maison hospitalière, où les voyageurs, les pèlerins, les malades, les infirmes, et les incurables trouvent un gîte, des secours, des vêtements, de la nourriture ; c'est aussi un bureau d'esprit public, où s'échangent les nouvelles ; enfin, une bibliothèque qui s'accroît tous les jours par les travaux des hommes qui y sont attachés et où l'on conserve la tradition écrite des faits passés. Mais c'est surtout un foyer de propagande religieuse dont le rayonnement s'étend au loin.

En absence du Cheikh appartenant à la famille propriétaire de la zaouïa, le mokaddem (gardien) ou l'oukil (fondé de pouvoir) étranger à la famille du Cheikh, dirige l'établissement. De nombreux khoddam (serviteurs) sont attachés à chaque zaouïa pour exercer de multiples prestations.

Les zaouïas ont de nombreux Biens immobiliers (habous) provenant de donations, dont les revenus leur étaient acquis, mais qu'elles ne pouvaient vendre, véritables biens de mainmorte. L'administration française s'est approprié ces Biens sans pourvoir aux dépenses des zaouïas et du culte. Cette mesure a été considérée, en Algérie, comme la pire des spoliations.

On comprend que les dispositions personnelles des Chioukh intéressent au plus haut point la sécurité de l'Algérie. L'expérience prouve que toutes les révoltes sont fomentées par des prédications religieuses. L'influence favorable d'un Cheikh peut, au contraire, utilement s'exercer pour maintenir dans le devoir des fractions prêtes à s'insurger. La France, dès son arrivée en Algérie, avait utilisé cette force religieuse. Elle se servait de certains Chioukh comme intermédiaires et dans plusieurs circonstances comme appui dévoué.

Les conquérants ont conclu que les musulmans Algériens ne pouvaient se passer de Chioukh. Ils n’ont jamais tenté de supprimer leur influence ; au contraire, ils ont maintenu l'équilibre religieux ; ils les ont ménagé pour les tenir en main, opposé les uns aux autres, et grandir ceux-ci pour diminuer l'importance de ceux-là.

Les tariqates (confréries) religieuses sont nombreuses dans le monde musulman et la plupart ont des adeptes en Algérie. Nous donnons, ci-après, quelques indications sur les plus importants d'entre elles :

 

- Tariqa Seddikya est le plus ancienne, puisqu'elle a été fondée, vers 633, par Abou Baker Asseddîk (sur lui l'agrément divin), père d'Aïcha épouse de Mohammed (âlih eçalat wessalem). Ce sont ses préceptes qui se retrouvent comme base des doctrines de toutes les autres.

 

- Tariqa Kadrya de Sidi Abdelkader El-Djilani, l’un des plus grands Saints de l'islam. Le centre de cet ordre est à Bagdad où il fut fondé vers 1165 ; nul n'a plus d'adhérents, soit dans le Sahara, soit dans le monde musulman tout entier.

Tous les princes musulmans s'honorent d'en être membres. Ses doctrines sont remarquables par leur esprit de tolérance et de charité. Ses koubbas en Algérie sont innombrables, ses khouan sont des agents très actifs de la propagande islamique et reçoivent, le cas échéant, le mot d'ordre de La Mecque même.

C'est un nègre d'une zaouïa de cet ordre qui désigna, dit-on, Abd El-Kader ibn Mahieddine, comme Sultan de l'Ouest, en 1832.

 

- Tariqa Chadelya a été fondée en 1258 au Maroc. Elle dérive de l'ordre des Madanya, fondé par Sidi Boumediene, né à Séville en 1126, qui importa dans l'Ouest les doctrines du soufisme, c'est-à-dire la recherche d'un état de sainteté par la vie mystique et les pratiques pieuse.

El-Chadely, né près de Ceuta, en 1196, a donné pour précepte : "Obéis à ton Cheikh avant d'obéir au souverain temporel". Le centre principal d'action de cet ordre est en Tripolitaine. Ses doctrines, plus tard, ont été accentuées par El-Derkaoui.

 

- Tariqa Khalwatia est apparue vers le début du XVe siècle ; c’est une pratique Soufie. Elle tire son nom du mot "khalwa" qui signifie retraite spirituelle du pratiquant, un des principes fondamentaux de la Tariqa. En référence à la retraite spirituelle du prophète Mohammed (âlih eçalat wessalem), dans la grotte de Hira, et à la retraite du prophète Moussa (âlih essalem) sur le mont Sinaï.

Le Khalwi doit se retirer, avec très peu de nourriture, dans une retraite d’une durée illimitée et d’un minimum de trois jours, dans une grotte ou alors dans une pièce fermée, pour se consacrer uniquement à la prière, la méditation, la récitation du Coran et le dhikr par l’invocation des quatre-vingt-dix-neuf noms d’Allah.

Si Mustapha Kamal Eddine El Biskri (décédé en 1748), Soufi voyageur et poète, célèbre pour son Wird Essahar, initié par le Syrien Si Abdou Latif Al Halabi El khalwati, est à l'origine de l'introduction de la tariqa en Egypte. Il initia à son tour le doyen de la prestigieuse université d'Al Azhar Si Ben Salem El Hafnaoui (décédé en 1767) qui initia, à son tour, Si M’hammed Ben Abderrahmane fondateur, en 1774, de la tariqa Khalwatia-Rahmania.

Si M’hammed Ben Abderrahmane adopta cette tariqa et s’y attacha à un point tel que son maître Cheikh Mohamed Ibn Salem Al-Hafnaoui l’envoie en mission prosélytique, au Soudan, en Turquie, au Hedjaz et en Inde, pour y enseigner et propager la pratique Khalwatia.

Après plusieurs années d’absence, il revient enfin chez lui, vers 1770, et s’installa dans son village des Aït Smaïl, où il fonda la première Zaouïa Khalwatia du Maghreb qui bientôt rayonnera sur toute l’Algérie et au-delà.

C’est ainsi que Sidi M’Hammed avait introduit, en Algérie, la tariqa Khalwatia, devenue après sa mort, en 1793, Rahmania, en référence au nom de son père, Abderrahmane. Cette tariqa est un mélange entre la tradition amazigh Gouramienne d’avant l'Islam et le mysticisme islamique du soufisme d'Ibn Arabi de Cordoue.

 

- Tariqa Aïssaouya, de Sidi Mohammed ben Aïssa, a été fondée en 1525, à Meknès (Maroc). Cet ordre est peu répandu en Algérie ; il y a cependant une zaouïa importante au nord de Tagdemt, chez les Flittas. On trouve beaucoup d'Aïssaoua au Maroc ; ses khouan sont connus par les pratiques magiques étranges auxquelles ils se livrent. Ils mangent, dit-on, impunément du poison, guérissent les piqûres venimeuses, broient du verre dans leur bouche, marchent sur des tisons enflammés, manient le fer chauffé au rouge, etc. Ils sont les seuls à se servir de tambours de basque et de timbales.

 

- Tariqa Cheikya a été fondée en 1615. Les Ouled Sidi Cheikh prétendent descendre d'Abou Baker (sur lui l'agrément divin), le beau-père du Prophète ; ils vénèrent leur ancêtre Sidi Cheikh, saint personnage qui est mort au commencement du XVIIème siècle.

Sidi Cheikh avait acquis une grande réputation de sainteté. Son corps reposait à la zaouïa d'El-Abiodh Si Cheikh, devenue un lieu de pèlerinage très fréquenté. Pendant l'insurrection de 1881 contre le colonialisme Français, les restes du Cheikh furent enlevés par la colonne du colonel Négrier et transportés à Géryville (El Bayadh). La koubba fut rasée. Elle a été reconstruite depuis et les ossements du Cheikht y ont été rapportés.

La Zaouïa était administrée par une tribu de nègres, descendants d'esclaves affranchis par Sidi Cheikh, dont le dévouement à la famille est sans bornes. Ce sont eux qui parcourent les tribus pour recueillir les ziaras.

Les Ouled Sidi Cheikh reconnaissent la suprématie religieuse d'autres tariqates d'une réputation de sainteté supérieure à la leur. C'est ainsi qu'ils sont serviteurs de l'ordre de Sidi Abderrahmane, dont une koubba se trouve à l'ouest de Bou Kaïs (Maroc).

 

- Tariqa Tedjinya, de Sidi Ahmed Tedjini, a été fondée en 1781. La zaouïa centrale et le tombeau du Cheikh ancêtre se trouvent à Aïn Madhi, au pied méridional du Djebel-Ammour, à 50 kilomètres à l'Ouest de Laghouat. Le chapelet de l'ordre porte un grain de corail.

Cet ordre a été autrefois très puissant, et son influence religieuse, bien que diminuée, est encore grande dans toute l'Afrique du Nord. La plupart des Tunisiens, la famille du Bey et une partie des Touareg étaient ses serviteurs religieux. Elle a des adeptes au Niger et au Sénégal.

Sidi Ahmed Tedjini, invité en France, en 1871, avait épousé une française qui l'a suivi en Algérie. Cette alliance, des dissensions de famille, d'autres causes, l'ont déconsidéré vis-à-vis de ses adeptes. Son prestige personnel fut fort diminué, mais l'attachement aux traditions conserva l'ordre et son Cheikh.

Cet ordre a été en luttes armées avec les Turcs; "non seulement il leur avait résisté, mais il était venu leur livrer bataille sous les murs de Mascara. Les Tedjâna furent défaits, et la tête de Si Ahmed Tedjini, payée 500 pièces d'or, fut apportée aux pieds du Bey Hassan".

Plus tard, Abd el-Kader n'ayant pu les attacher à sa cause, attaqua le ksar d'Aïn Madhi. Il dut en faire le siège, et, après une résistance qui dura neuf mois, le ksar ne fut pris que par trahison.

 

- Tariqa Rahmania, de Sidi M’hammed Ben Abderrahman, a été fondée en 1793. On l'appelle aussi Bou Quabrine, c'est-à-dire des deux tombes, parce que, suivant la légende, son corps s'est dédoublé et qu'il repose à la fois à El-Hamma (Alger) et dans sa koubba chez les Beni Ismaïl (Aït Smaïl - Kabylie). Ce qui est vrai, c'est que son corps fut enlevé par les Turcs qui le transportèrent à El-Hamma.

Ses adeptes sont fort nombreux dans toute l'Algérie, particulièrement en Kabylie et dans la province de Constantine. On compte en Algérie plus de 200 zaouïas. L'ordre a joui autrefois d'une grande importance politique ; l'émir Abd El-Kader s'y était affilié. C'est en quelque sorte l'ordre national de l'Algérie.

Cet ordre s’est partagé en quatre rameaux principaux, ayant chacun une zaouïa spécifique : deux à Nefta, près du Djerid ; une à Tolga dans le Zab, et une autre à Cherfa el-Amel, près de Bousaâda.

Cheikh El Haddad de la tariqa Rahmania, lors de l'insurrection de 1871, avait scellé une alliance avec El Mokrani et lancé l’appel à la guerre sainte contre l’occupation Française.

 

- Tariqa Derkaouya a été fondée en 1823 au Maroc. Le chef de l'ordre était le Chérif de Madaghra, frère d'un prétendant au trône du Maroc. Pendant les troubles de 1881, les tribus du sahara Marocain l'avaient reconnu pour chef et avaient secoué l'autorité de l'Empereur du Maroc. C'est ainsi qu'il prêta assistance aux Ouled Sidi Cheikh et à Bouamama contre l’occupant Français.

Les Derkaoua sont une sorte d'ordre mendiant ; ils comptent de nombreux adeptes dans le Sud-Oranais et ont pour centre principal les montagnes de l'Ouarsenis ; ils ont pour doctrine de refuser l'obéissance à toute puissance temporelle, Dieu étant le seul maître ; aussi, du temps des Turcs, le nom de Derkaoua était synonyme de révolté.

Ils ont été les instigateurs les plus dangereux contre l’occupation coloniale Française. Les fidèles ne doivent séjourner dans les villes qu'en cas de nécessité absolue, ou pour accomplir quelque acte de piété. Ils doivent peu parler, peu manger, peu dormir, marcher à pied dans le désert,... etc.

En 1845, une bande de Derkaoua pénétra, en mendiants, dans le fort de Sidi bel Abbès et tenta de l'enlever par surprise. On peut, en quelque sorte, les considérer comme les précurseurs ou les initiateurs du Senoussisme. Un grand nombre de tariqates marocaines dérivent des Derkaoua. Parmi les plus exaltés sont les Aïssaoua.

 

- Tariqa Senoussya, de Sidi Senoussi, a été fondée en 1843. Sidi Senoussi était originaire de Mazouna, (Algérie) . Après un voyage à La Mecque, il fonda une association religieuse qui se développa rapidement. Après avoir prêché en Égypte, au Caire particulièrement, où il inquiéta les autorités égyptiennes, il passa en Tripolitaine et fonda, en 1843, une zaouïa à El-Beida, dans le djebel Akhdar; puis, en 1855, il transporta sa résidence à Djerboub, à quelque distance de l'oasis de Siouâ, hors de portée de l'action des autorités d'Égypte et de Tripoli, auxquelles son influence causait des préoccupations justifiées.

Senoussi a posé le principe que l'autorité temporelle des sultans devait être mise au service des intérêts religieux, que le clergé et la magistrature devaient non seulement être indépendants du pouvoir administratif, mais le diriger. Sa devise est significative : Les Turcs et les Chrétiens, Tous de la même bande, Je les briserai du même coup.

Il prophétisait que vers la fin du XIIIème siècle de l'hégire, c'est-à-dire en 1883, apparaîtrait l'iman El-Madhi, qui mettrait fin à la domination de l'empire Turc et reconstituerait un imâmat Arabe. Son tombeau se trouve dans la zaouïa de Djerboub. Le chef de l'ordre était son fils Si El-Madhi ben Senoussi, né vers 1843, considéré par ses adeptes comme l'iman des prophéties.

Dans la zaouïa de Djerboub; vivent parmi les adeptes plusieurs Algériens de grandes familles, particulièrement de la province d'Oran. Les autorités turques de la Tripolitaine n'osent les gêner, parce qu'ils sont soutenus à Constantinople, par leurs khouan dont certains sont membres du Divan.

Sidi Senoussi vivait fort retiré, absorbé dans les pratiques pieuses; mais son fils, bien que ne se laissant aborder que par un petit nombre de fidèles sur lesquels il peut compter, est d'un tempérament plus guerrier. On estimait (en 1877) à près de 25.000 fantassins et de 1.500 cavaliers, les hommes armés que les Senoussya pouvaient mettre sur pied.

 

Les Tariqates invincibles

Sous le protectorat Ottoman, les Turcs, en même temps qu’ils combattaient les agissements de certaines Chioukh rebelles, n’obtenaient la tranquillité des tribus qu’en appuyant leur politique sur la caste religieuse. Les héritiers de la baraka de leurs aïeux, certains descendants de chorfa, peuvent encore de nos jours présenter des actes authentiques constatant les marques de haute bienveillance, les remises d’impôts ou l’octroi de privilèges dont leurs ancêtres ont été l’objet de la part du Gouvernement Ottoman.

En Algérie, bien que les tariqates n’avait pas l’idée de nationalité, ni la notion de patrie, mais généralement la résistance du peuple Algérien, contre l'occupant colonial, était organisée autour d’elles et de leurs zaouïas. Ce sont elles qui constituaient l'âme de la résistance, respectant en cela la longue tradition du djihad, dont le pays tout entier est galvanisé et sensible à l’appel du djihad.

Les dirigeants Français tentent alors de s'attaquer à la notion même du djihad, de la vider de son contenu et d’éliminer physiquement les Chioukh les plus progressistes. Les Zaouïas d'où partaient les appels au djihad, ont fini par être récupérées par les autorités coloniales, afin d’en faires leurs auxiliaires pour leur maintien et leur domination.

Dans le long parcours parsemé de larges flaques de sang, où l'Islam fut toujours le recours suprême, les confréries religieuses et les Zaouia jouèrent un rôle prépondérant. Si la colonisation française a finalement échoué dans ses plans, cela est dû irréfutablement à l'Islam.

............................Leguelmois

 

 

February, 2009

Anniversaire 4 Radio régionale Souk-Ahras

 

     

                             An quatre de la Radio régionale Souk-Ahras "Thagaste"

 

Le quatrième anniversaire de la radio régionale de Souk-Ahras "Thagaste" a été célébré d’une façon conviviale,

en direct, le Jeudi 26 Février 2009.

Née le 23 février 2005, son un rayon d’émission couvre une grande partie des Wilayas de l’Est Algérien et s’étend

sur une grande partie du territoire Tunisien.

La variété des sujets traités par ses animateurs, résultat d’études des besoins de la population et de l’administration

 locales, lui ont permis d’acquérir et de fidéliser, au fil du temps, un nombre appréciable d’auditeurs.

Bravo pour ses dirigeants et personnel qui méritent égards et encouragements !

                                                                                                               .............................Leguelmois.

 
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