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LEGUELMOIS

Vouloir la liberté sans sacrifice, c'est vouloir la pluie sans orage. Le sacrifice est l'acte de foi et le prix à payer !!

Leguelmois A C

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Cadre Dirigeant à la retraite.
Souhaite partager son expérience avec les autres.
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Les 1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie
by 

Merlin French

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November, 2009

L'Algérie à travers les époques

(الجـزاءـر عبر العـصور)  

L’ALGERIE A TRAVERS

LES EPOQUES 

- Recueil  historique -

  

                                                          Photo des ruines de Timgad transposée par l’Auteur sur la carte de l’Algérie Méditerranéenne.

_________________________________

Si l’Algérie parlait, elle dirait : "Convoitée tout au long des siècles, je fus une terre de batailles et de passions.

 Mon sol est parsemé de tombes d’innombrables conquérants : Phéniciens, Carthaginois,

Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, Turcs, Espagnoles, Français".

 

Le présent recueil historique a été écrit par Halim CHERFA°:

                      

Il est d’usage de considérer qu'on ne peut vraiment préparer l'avenir qu'en connaissant bien l'Histoire !

Le présent livre, recueil historique, démystifie un passé refuge qui nous aurait empêchés de sortir

d’une léthargie mythique et de regarder l’avenir.

 

De par la recherche comparative et les repères, tel qu’ils nous ont été légués par nos ancêtres, il vivifie la

longue chaine, plusieurs siècles, de luttes qui ont fait de l’Algérie de toujours une terre de batailles et de passions.

 

De par les sources de documents historiques, l’Algérien, personne n'en doute, n'a pas été amené dans

le pays par aucun quelconque conquérant. Les composantes de son identité plurielle furent posées sur

 le socle autochtone berbère de l’Algérie méditerranéenne actuelle.

 

Plus vous creusez dans son vieux tronc, plus, sous l'écorce arabe, vous trouvez la sève berbère.

L’histoire algérienne ne se rattache pas nécessairement et exclusivement à l’histoire arabe. Même

 si son arabité est importante, son histoire commence bien avant la conquête arabe.

 

Appuyé d’une riche cartographie, photographie, le présent ouvrage permet au lecteur d’illustrer

chaque époque avec ses grandes personnalités historiques qui ont allumé le flambeau des sciences

ou ayant défendu par les armes le droit du sol et du sang.

 

De par ses repères, l’assemblage chronologique des évènements, tel l’œil de Qâbîl (Caïn), il est

un éveil historique qui éclaire, d’un jour nouveau, un large public !

 

Un ouvrage de culture d’histoire passionnant qui confronte l'ensemble des sources disponibles ;

il éclaire et analyse plusieurs points d’ombre, depuis l'aube de l'histoire jusqu'à nos jours.

 

                                                                                         Imprimerie :  Office des Publications Universitaires "O.P.U" – Alger.

 

November, 2009

Donat Evêque berbère d'Afrique du Nord

         Donatus Magnus (Donat le grand) Evêque schismatique

                d’Afrique du Nord, de 275 à 355

                                         

 

Vrai nom : Donatus Magnus (ou Donat le Grand), évêque schismatique d'Afrique du Nord.

 

Origine : Berbère de Cellae Nigrae (Cases Noires), entre Négrine et Besseriani W. Tébessa-Algérie.

 

Naissance : né vers 275 (date non confirmée)

 

Parcours historique

Le Donatisme est un mouvement Chrétien réformiste des IVe et Ve siècles, qui estimait que

la valeur des sacrements dépendait du caractère moral du ministre. Sa genèse est dans un

climat de persécutions des chrétiens. En Numidie et en Proconsulaire, les gouverneurs se

livrent à des perquisitions et détruisent les objets du culte. Les évêques sont sommés par les

autorités de livrer les écrits sacrés et les objets du culte.

- Les attitudes sont diverses : Felix, évêque de Thibiuca, s’y refuse et se voit transféré puis

exécuté à Carthage ; Paulus, évêque de Cirta, obéit et livre tout ; l’évêque de Carthage, Mensurius,

use d’un stratagème et ne livre que des ouvrages que les chrétiens considèrent comme hérétiques.

- Le donatisme tire son nom de Donatus évêque de Cellae Nigrae (Cases-Noires) en Numidie.

Le principal point d’achoppement des donatistes avec l’Église officielle concernait le refus de

validité des sacrements délivrés par les évêques qui avaient failli lors des persécutions de Dioclétien.

- En 304, la loi exigeant un sacrifice général aux dieux romains, donne une nouvelle tournure

aux persécutions. Les chrétiens qui refusent de s’y conformer sont menacés de mort ou condamnés

aux travaux forcés.

Certains chefs religieux cèdent aux contraintes du pouvoir, livrent leurs coreligionnaires aux

Romains et vont jusqu’à bruler en public des livres sacrés. Ces chrétiens renégats sont désignés

sous les termes de lapsi (celui qui est tombé) ou encore de traditores (livrer, les livres sacrés).

- Vers 305, période de paix de Maxence, apparurent les premières manifestations de ce qui

allait devenir un schisme pour certains. Les réunions pour la succession de Paulus firent apparaitre

l’opposition des purs à ceux qu’ils qualifiaient de traditores et autres traitres.

- En 307, Donat évêque de Cellae Nigrae, animateur intransigeant de la contestation contre la

nomination de l'évêque de Carthage, sera à l'origine du donatisme et qui divisa les chrétiens

africains pendant le IVe siècle.

- Vers 308 à 310, l’Afrique est provisoirement détachée de l’Empire après la sécession de

l’usurpateur L. Domitius Alexander. L’Église dans sa majorité se montrait tolérante envers

ceux qui avaient failli (les lapsi) et réintégrait les prêtres et évêques qui embrassaient de

nouveau le christianisme. Mensurius est donc réintégré comme primat d’Afrique.

- En 312, l’opposition donatiste apparut à la suite de la consécration de Cécilien évêque

de Carthage, accusé d'être un traditore. Un groupe d'opposition de 70 évêques, mené par

le primat de Numidie, forma un synode à Carthage et déclara non valable la consécration

de l'évêque. A sa place, ils élurent Majorinus (Majorin).

- En 313, l’élection de Majorinus (Majorin) fut rejetée et condamnée par le concile de Rome.

Cécilien fut reconnu comme l’évêque catholique de Carthage par l’administration impériale,

qui condamna les donatistes et Donat fut excommunié par le pape Miltiade.

- En 315, après la mort de Majorin, le théologien Donat le Grand devint évêque de Carthage.

Il organisa la dissidence ; le mouvement lui emprunta son nom.

- En 316, après que l'Empereur romain Constantin Ier eut émis le souhait de parvenir à un

accord, le conflit fut soumis à différentes institutions ecclésiastiques et à l'empereur lui-même ;

à chaque fois, la consécration de l'évêque Cécilien, élu à l'origine en 311, fut maintenue.

- En 317, les donatistes contrôlaient de nombreuses communautés, l’application de la loi

s’accompagna de nombreuses violences, à Carthage et dans les provinces africaines.

- En 321, Constantin 1er essaya d'abord d'éliminer les donatistes par la force, puis il adopta une politique

de tolérance. Cette politique fut abandonnée par son fils cadet Constant Ier qui instaura un régime de persécution.

- Vers 340, des bandes d’ouvriers agricoles itinérants, les circoncellions, écrasés par les exigences

de l'État romain, se révoltaient. Ils rendaient responsables de leur misère les propriétaires terriens

et les fonctionnaires romains. Ils se dressèrent contre les propriétaires terriens, les forçant par la violence

à annuler leurs dettes et à affranchir les esclaves.

- Les circoncellions (de circum cellas, ceux qui vont de grange en grange) sont de pauvres paysans

saisonniers et des journaliers indigènes ou des rôdeurs à main armée. Ils mettent rapidement en

parallèle leur misérable situation économique et celle des fidèles donatistes opprimées par Rome

pour rendre le mouvement, non pas seulement anticatholique, mais aussi anti Romain.

- Vers 340-345, le comte Taurinus, commandant de l'armée d'Afrique, les considérants comme des

bandits, les massacre. Très vite, un amalgame est fait entre les circoncellions et les fidèles donatistes.

- Le fanatisme religieux succède alors aux revendications sociales. Les exaltés s'immolent sur des buchers,

se jettent, parfois en groupe, du haut de rochers. Ils méritent alors la palme du martyre et sont vénérés comme des saints.

- En 347, le donatisme élargit encore son audience populaire par une alliance explicite avec le

mouvement des circoncellions autochtones qui luttaient, d’une façon violente et organisée, contre

les abus des propriétaires fonciers. Ce mouvement, organisé dans les montagnes, s’abandonna

aux excès les plus sauvages. Traqués, massacrés par les troupes impériales, ils recevaient la mort

avec la joie des martyrs ou se précipitaient eux-mêmes du haut des rochers.

- En 355, Donat fut arrêté par l’empereur Constant 1er et envoyé en exil où il mourra. Quelques

années plus tard, Julien l’Apostat rétablit les dissidents dans tous leurs droits. Il mit fin aux exils des

donatistes et leur fit restituer leurs lieux de culte.

- Vers 372-375, l'agitation sociale sème le trouble dans toute l'Afrique du Nord. Les circoncellions

prennent parti pour Firmus (chef de la Mauritanie césarienne), lors de la rébellion des montagnes.

Environ 20.000 hommes se joignent à lui. Firmus est proclamé Roi par les Berbères avant son suicide.

- En 393, Saint-Augustin évêque d’Hippone mena le combat décisif sur le plan théologique : le synode

d’Hippone qu’il présidait en 393, condamna, sans effet, les donatistes.

- En 406, la révolte est assez importante. Optat de Milev et saint Augustin d'Hippone les décrit donc

 comme des bandits commettant des vols à main armée, des assassinats et des mutilations en tout genre.

- En juin 411, sous l’égide impériale se tint la conférence publique de Carthage réunissant 279 évêques

donatistes et 286 évêques catholiques dont Augustin était le porte-parole. Les catholiques l’ayant

emporté, une Loi antidonatiste sera promulguée : leurs églises et propriétés furent transférées

aux catholiques, leurs clercs exilés et leurs fidèles condamnés à l’amende.

- En 415, les donatistes furent alors privés de tout droit civique, l'année suivante, leurs assemblées

furent interdites sous peine de mort.

- En 418, suite à cette dernière Loi, un grand nombre de communautés donatistes revinrent

à l’orthodoxie. Néanmoins, quelques évêques donatistes campèrent sur leur position : comme

Gaudentius à Thamugadi (Timgad) ou Emeritus à Césarée (Cherchell).

- Sous la domination arienne des Vandales conquérants, les donatistes et les catholiques

furent persécutés. A l’époque byzantine, Justinien prit encore des mesures contre les donatistes.

Le donatisme survécut jusqu’aux conquêtes musulmanes qui ne faisaient aucune distinction entre les chrétiens.

 

Mort : mort en exil vers 355 dans un lieu non indiqué.

 

Anecdotes : Voltaire disait : "Les premiers des chrétiens qui ont pris séditieusement les armes

avec une ardeur furieuse, sous prétexte de persécution, ont été les donatistes".

                                                                                                       Leguelmois

 

Koceila Roi des Awarba (Aurès-Algérie)

Koceila Roi de la principauté des Awarba de la région

        occidentale des Aurès, de 640 à 688

                              

 

Vrai nom : Kekilianus ou Caecilianus en latin, prononcé Koceila Ibnou Melzem par les Arabes.

 

Origine : Berbère chrétien, descendant de la lignée du Roi Mastias Roi de la principauté des

                Awarba occupant une partie des Aurès.

 

Naissance : Vers 640 dans la tribu Awarba, région occidentale des Aurès (Algérie).

 

Parcours historique

- En 675, battu à la bataille du côté de Tlemcen, Koceila fit sa soumission et se convertit à l'Islam.

Il réussit à gagner la confiance du chef musulman Abou el Mouhadjîr Dinâr et devint même l'un

de ses proches collaborateurs.

- En 681, Koceila fut mal traité et humilié en public par Okba Ibn Nafaa, il abjura l'Islam,

s'allie aux Byzantins et lève une armée contre les Arabes.

- En 683, il mena victorieusement une bataille contre l’armée arabe, à Tehouda près de Biskra.

Okba ibn Nafaa fut tué et son armé évacue l’Afrique du Nord, elle se retire vers l’Egypte.

- Koceila, allié des Byzantins, marcha et occupa la place forte de Kairouan. Il berbérise l’appellation

Kairouan par "Takirwant" et en fit sa capitale durant un règne de cinq ans, de 683 à 688.

- En 686, le khalifat d’Abd el Malik nomma Zohaïr Inb Qaïs au poste d'Emir d'Ifriqiya. L’armée

Oumamyoun revient à la charge et reprend Kairouan.

- En 688, Koceila fut tué à la bataille de Mems (Tunisie). Les Arabes, à leur tête Zohaïr Inb Qaïs,

prennent Carthage aux Byzantins.

- Koceila ferme la succession des Aguellids. La Reine Kahina (Dehya) reprend le flambeau de la résistance.

 

Mort : En 688 à la bataille Mems (Kairouan-Tunisie).

 

Anecdotes : D’après la tradition orale véhiculée par les autochtones, on raconte que :

"Okba Ibn Nafaa ordonna, par des paroles offensantes, à Kocceila d’écorcher un mouton,

ce dernier refusa et porta ses mains ensanglantées sur sa barbe. On lui demande les raison de ce geste ?

Il répond que cela est bon pour les poils ! Okba considéra ce geste comme menace et lui fait lier

les mains derrière le dos. Koceila réussit à s'enfuir et à rejoindre sa tribu. Il abjura l'Islam,

s'allie aux Byzantins et lève une armée contre les Arabes".

                                                                                           Leguelmois

 

May, 2009

Raisons du départ des Pieds-Noirs d'Algérie

            

 

LES PIEDS-NOIRS ET RAISONS DE LEUR DEPART D’ALGERIE

 

A la date de l’indépendance de l’Algérie, en 1962, la fête ne fut pas pour tous, surtout pour les milliers

d’Harkis (algériens supplétifs de l’armée française) et le million de Français (européen) pourtant nés en

Algérie, avaient vécus et travaillés sur cette terre qu’ils ont tant aimés, et à laquelle ils ont été arrachés,

un jour brutalement, comme une dent à leur pays d’origine.

Environ, un million d’Algériens, d’origine européenne, ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens.

Il en est de même de quelques cent mille Israélites, dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés,

là, en Algérie, 1000 ans avant l’avènement de l’Islam.

Tant de gens se demandent pourquoi les Français d'Algérie ont décidé de quitter massivement un

pays auquel ils étaient aussi charnellement attachés ? Ces derniers ont toujours cherché à faire

croire que la seule raison de leur départ était le risque qu'ils couraient pour leur vie ou, au mieux, de devenir

 des habitants de seconde zone méprisés et brimés.

Or cela ne correspond que très partiellement à la réalité. Même s’il y avait eu trop d’accumulation de haines,

trop de sang versé, trop de peurs durant la guerre d’Algérie et qu’il était difficile de cohabiter avec ceux

qui avaient été spoliés, au XIXe siècle, de leurs terres parce qu'on imaginait qu'ils étaient inférieurs.

Pourtant on peut lire dans les appels FLN lancés, en Février 1960, aux Européens d'Algérie : "L'Algérie

est le patrimoine de tous (...). Si les patriotes algériens se refusent à être des hommes de seconde

catégorie, s'ils se refusent à reconnaître en vous des supers citoyens, par contre, ils sont prêts à

vous considérer comme d'authentiques Algériens. L'Algérie aux Algériens, à tous les Algériens,

quelle que soit leur origine".

Mais, si la raison véritable de cet exode massif n'était pas le risque encouru pour leur vie et leurs

biens, qu'y a-t-il eu d'autre ? Chez certains intellectuels progressistes, la réponse fuse : "La grande

majorité des Pieds-Noirs a quitté l'Algérie non parce qu'elle était directement menacée, mais

parce qu'elle ne supportait pas la perspective de vivre à égalité avec les Algériens !"

L'idée d'être commandés par des Algériens faisait peur à ces pieds-noirs qui se sentaient plus civilisés.

Leur sentiment de supériorité était une évidence du racisme colonialiste qui régnait en Algérie et

qui les a contraints à n’avoir aucun rapport normal avec les Autochtones.

Donc, on peut déduire que la vraie raison du départ de la majorité, d’entre eux, se trouve dans

l’incapacité d’effectuer une réversion mentale et admettre que la notion "colonisation" a été condamnée

par tous les peuples épris de paix et de justice, y compris le peuple français victime, au cours de son histoire,

de la bêtise humaine. Les Pieds-Noirs colonisateurs, quels qu'ils soient, même ceux situés au plus bas

de l'échelle sociale, se sentaient supérieurs aux plus élevés des Musulmans. Pour rester, il fallait être

capable, du jour au lendemain, de partager toutes choses avec des gens qu'ils avaient l'habitude

de commander ou de mépriser.

Cette tragédie reste une douloureuse plaie qui ne se cicatrisera que lorsque les acteurs de cette tragédie

auront disparus et que, sans passion, les Historiens analyseront objectivement la colonisation de l'Algérie.

Puissent la France et l’Algérie reconnaître que rien ne sert de rester toujours à distance, sans rien faire

pour dissiper l'ignorance mutuelle, les malentendus causés. Le brouillard se lèvera, un jour ou l'autre,

entre les deux rives, et l'on se reconnaîtra.

Pour se rencontrer et se reconnaître, la France doit faire sa part de chemin, la plus grande, sans aucun

doute, car c’est elle qui détenait l’autorité dans la période coloniale. L’Allemagne, qui fut nazie, à eu le

courage de présenter ses excuses au peuple Juif !!

Tous ceux qui ont passionnément aimé l’Algérie sont d'accord pour construire le futur de nos deux

générations. Ce qui a été réussi en Europe peut l’être aussi en Méditerranée. Il revient aux générations

actuelles d’achever la réconciliation entre ceux qui se sont battus hier pour ouvrir aux plus jeunes un

avenir de partage et de prospérité.

                                                                                    Leguelmois.

 

 

April, 2009

Le Tatouage (El-Ouchem) en Algérie

 

Le Tatouage Us et Coutumes Algériennes

 

Généralités

Aux temps reculés, l’Algérie, vaste carrefour, a vu arriver sans cesse depuis les temps les plus anciens, des fugitifs et des conquérants de toute provenance. Elle a été un réceptacle ouvert à toutes les races de l'Asie et de l'Europe.

Par sa culture millénaire, sa population plurielle, sa richesse culturelle, l'Algérie est sans doute, l'un des carrefours de civilisation, le plus avéré, du bassin Méditerranéen.

En Algérie, le tatouage, pratiqué par les femmes Berbères, est surtout un symbole esthétique. C'est aussi un signe de rattachement à une tribu ou à un groupe social. Le tatouage est supposé avoir une valeur rituelle et prophylactique et qu’il existait à l’époque préhistorique. Dans l’Antiquité, on rapporte que c'est par un semblable procédé que les esclaves portaient, écrit sur le corps, le nom de leurs maîtres.

Lee tatouage est une tradition commune à presque tous les Nord-Africains. En Afrique noire on remplace le tatouage par des balafres, sortes de sillons qu'on fait avec des lames aux visages des hommes et des femmes.

À l'origine, le tatouage n'avait pas un but esthétique mais correspondait à un rite de mutilation magique et protectrice. En effet, tous les tatouages, observés au sein de populations Africaines, étaient à la fois des remèdes et des agents prophylactiques fondés sur la croyance selon laquelle la survenue d'une maladie serait due à un phénomène surnaturel.

Ainsi, pour s'en prémunir, on empreignait, sur la peau, divers symboles esthétiques, où chaque trait, chaque cercle, chaque motif avait son rôle et dont les significations n'ont pas toutes été élucidées.

Méthode d’exécution

Il fut une époque, ou les femmes de la famille des Béni Adass (une ancienne tribu Berbère de la région de Ain Defla) en faisaient une spécialité professionnelle. Elles se déplaçaient dans les villages pour tatouer celles qui en formulaient la demande. Elles exerçaient leur art sur les visages, ou les mains. Elles dessinaient des formes différentes, un Burnous sur le front ou sur le menton et une Mouche sur chaque joue. La méthode était assez simple et même primitive.

Pour l’exécution du tatouage, ces fameuses femmes de Béni-Adass prenaient une aiguille avec laquelle, elles saupoudraient l'endroit précis de suie (Hmoum). Après une semaine ou deux, le dessin sur la peau devient bleu et on obtient ainsi le motif choisi.

Leur méthode consiste à dessiner l’objet sur la partie du visage, à l'aide d'une plume trempée dans le Kôhl (sulfure d’antimoine), délaye dans l’eau. Après quoi et suivant le tracé, elle pique la peau avec une grosse aiguille à coudre jusqu’à faire couler le sang. Puis, elle passe un tampon d'étoffe trempé dans le Kôhl sur le tatouage et laisse sécher à l air libre sans pansement.

D’autres méthodes consistent à tracer d'abord le dessin avec de la suie (Hmoum, noir de fumée) prise préalablement sur le fond d'une marmite et délayée dans un peux d'eau. Ensuite, elle pique la peau à l’aide d'épine de cactus trempée, à chaque fois, dans la suie. Elle termine l’opération en mettant sur la plaie un emplâtre de suie maintenu au moyen d'une bande.

La légende raconte, qu'une femme veuve était un présage de malheur et pour conjurer le mauvais sort, on lui tatouait les jambes et le sang qui sortirait effacerait le prétendu malheur !

Motifs de tatouage

Les femmes Berbères pouvaient se tatouer à n'importe quel âge. Mais le plus souvent avant le mariage Le tatouage était un acte personnel, la femme mariée n'étaient pas tenues de consulter, au préalable, son mari.

Parmi les motifs de tatouage sur le visage, les plus fréquemment représentés en Afrique du Nord, on retrouve la fleur de lys, la patte de corbeau, le losange et la croix. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la croix n'est pas dans ce contexte liée au christianisme ; ce symbole était, en effet, déjà représenté à l'époque de l’âge de pierre (Néolithique).

La femme Berbère se tatouait principalement le visage et les membres supérieurs. Elle apprécie surtout les dessins sur le front, les joues, le menton, les mains. Cela lui assure une puissance magique et une protection. Par exemple, un peigne, tatoué sur le bras d'une tisseuse, lui assure de l'habileté ; tandis que le tatouage d'un scorpion représente un signe de protection ; les motifs en forme de roue sont employés pour guérir les tumeurs ; La petite croix sur le front a pour effet de mieux supporter la douleur. D’autres motifs sont employés contre la malédiction.

Il y a des siècles, le tatouage représentait chez la femme, non pas une finalité esthétique et séductrice, mais une expression visible de la douleur, une matérialisation du drame sur soi.

La femme qui venait de perdre son époux se tatouait le menton (redonnant sur son propre visage naissance à la barbe du mari perdu). Celle qui assistait à l'emprisonnement de son mari, immortalisait les menottes de l'humiliation de son homme, sous forme d'anneaux sur ses poignets. Elle se tatouait aussi des anneaux au niveau des chevilles, faisant référence aux lourdes chaînes traînées par son mari, pris en guerre par l'ennemi.

En effet, cette matérialisation du drame sur soi était le propre de milliers de femmes Berbères. Le tatouage était un refus de l'autre et un signe de résistance à tout conquérant.

Les hommes n'étaient pas en marge de cet art particulier, mais contrairement aux femmes, ils ne se tatouaient jamais le visage. Ainsi, il était fréquent que les paysans se tatouaient la main droite. Ce tatouage magique était sensé les protéger des accidents corporels et leur donner force et vigueur.

Ces pratiques ont perduré des siècles durant. Jusqu'à la moitié du vingtième siècle, le tatouage continuait d'être une marque d'appartenance tribale ou régionale. Ses autres expressions, la douleur notamment, avaient pratiquement disparu.

Interdiction religieuse

La pratique du tatouage fut longtemps condamnée par les religions (surtout Judaïsme et Islam). Les musulmans considèrent le tatouage comme des stigmates du diable (Kibat el chaytan en Arabe).

L'Islam condamne le tatoueur, aussi bien que la tatoué. Selon le Coran, rien ne doit modifier la création de Dieu sous peine d'être un allié de Satan. “... Je leur ordonnerai et ils dénatureront la création d'Allah...” (Sourate 4 - V 119).

De plus, un hadith (tradition relative aux actes et paroles du Prophète Mohammed (âlih eçalat wessalem), qui fait jurisprudence après le Coran) condamne celle qui tatoue et celle qui se fait tatouer.

La femme tatouée sera punie par Dieu ! Elle sera piquée par autant de scorpions qu’elle en a de tatouage, dit-on, notamment, dans les Aurès. Ou encore, pour éviter le châtiment divin, la tatouée doit donner aux pauvres autant d'argent pour recouvrir les tatouages qui ornent son corps.

Cependant et malgré l’interdiction religieuse, le tatouage reste très répandu. Les coutumes du passé prennent le dessus sur l'interdit. Pour parer à cet interdit, les femmes lui ont substitué un tatouage éphémère. Un tatouage esthétique au henné que les femmes se font sur les pieds et sur les mains.

De nos jours

De nos jours, le tatouage, qu'il soit indélébile ou au henné, est considéré comme une expression artistique ou un ornement pouvant revêtir plusieurs significations. Il suscite en tout cas mystère et convoitise. Mais peut-être sans le savoir, celles et ceux qui pratiquent le tatouage, perpétuent une technique ancestrale, vielle de plusieurs milliers d'années et qui n’est pas prête à disparaître !

A travers l'histoire évolutive, sa portée est allée plus loin que la recherche de la perfection physique et ou celle d'une arme de séduction.

Dans les années soixante, l'Occident, pourtant étranger à cette culture, l'a adoptée. La révolte de toute une génération en a usé pour exprimer son rejet de la manière de vivre de l'après-guerre. Un moyen d'expiation, où des dizaines de clients défilent, aujourd'hui encore, sous l'aiguille du Tatoueur.

Certains préfèrent tatouer sur les parties les plus viriles de leur corps. Sur le torse ou le dos, ils adorent avoir un aigle, un serpent ou la tête d'un lion. A titre de souvenir ou d'amour impossible, certains tatouent même l’image de leur bien-aimée…etc.

Le corps en est la victime de cette mutilation qui rappelle les pratiques de chirurgie rituelle chez les peuples primitifs. Ces peuples, lors de l'initiation, font entrer dans la culture ce qui est de l'ordre de la nature (circoncision, excision, subincision).

Placé entre le dedans et le dehors de la peau. Cette dernière est tout à la fois, enveloppe du corps et du Moi, frontière entre intérieur et extérieur et lieu d'échanges privilégiés, le tatouage reste de toute évidence un processus secret, un cheminement psychologique parfois long, dont le tatoué lui-même n'a pas toujours entièrement conscience.

................................................................................................ Leguelmois.

 

 
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