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October, 2008 CHERFA Ahmed musée du Moudjahid Guelma
CHERFA Ahmed, dit Boubaker
Par Décret Présidentiel N°84-365 du 1er Décembre 1984, le nom de ce village consacre le souvenir d’un Martyr de la guerre d’indépendance, CHERFA Ahmed, dit Boubaker, qui avait structurellement milité au sein de la Mendka II, de la Wilaya II. Son Attestation Communale porte le N°2266 et une attestation de Moudjahid avec médaille d’honneur lui ont été attribuées, au nom du Président de la République, par le Ministre des Moudjahidine, en date du 19 Mai 1996. CHERFA Ahmed est né le 01-O3-1911 à la Mechta Ain-Zitouna, Douar Béni-Marmi, Commune de Boumahra Ahmed (ex-Petit), Wilaya de Guelma. Il est le fils de Mohamed ben Belkacem ben Cherif ben Belkacem, porté au N°26 du Registre-Matrice et au N° 3 de l’Arbre Généalogique du recensement de 1886. Lors de ce recensement, des gens de nobles Tribus, pour cacher à l’ennemi leur véritable nom, ont préféré adopter pour la circonstance des noms d’animaux ; tels que : Boumahra, Boumaza, Bekhouche, Bougarne……etc. CHERFA Ahmed était un homme de bien, vertueux et digne de foi. Dés le déclanchement de la révolution, il avait prêté le serment de fidélité pour participer activement à son organisation locale et de mettre à sa disposition le peu de moyens matériel et financier à sa possession. Plusieurs opérations révolutionnaires ont été menées par lui et ses compagnons. Sa ferme, sise à la mechta Ain-Zitouna au douar Beni-Marmi, fut déclarée par les premiers responsables du Front de Libération Nationale comme base logistique (Markèze) pour l’approvisionnement et le repos des Moudjahidine de passage d’une Wilaya à l’autre et ceux des secteurs de la Mendka II. Le Markèze est une sorte d’unité sectorielle avec de multiples missions : à la fois, base logistique d’approvisionnement, relais de transit, de repos et de soins des Moudjahidine, unité organisationnelle pour la collecte des cotisations et dons, canal de communications et d’informations et, enfin, lieu des tenues des réunions organiques et politiques. CHERFA Ahmed, resté jusqu’au dernier jour de sa vie fidèle au serment prêté, est tombé au champ d’honneur, le jeudi 17 Octobre 1957, lors d’un ratissage par les forces ennemies, près de sa ferme pour que vive l’Algérie libre et indépendante. Sont tombés également au champ d’honneur, à ses côtés et en même temps que lui, plusieurs braves, dont son propre fils M’barek, âgé de 22 ans. Sa ferme, en tant que Markèse, fut saccagée et son bien saisis et mis en vente par les forces ennemies de ce même village. Tous les martyrs de la région, après l’indépendance du pays, ont été dénombrés, déterrés et inhumés dignement au cimetière des Chouhada de Boumahra Ahmed. Pour l’histoire de la région : Le Douar Béni-Marmi, subdivisé en une dizaine de Mechta, fut recensé par les occupants en tant que Tribu sous le N°61 du cadastre de 1863-1887. La majorité de ses habitants sont des exilés venus de différentes régions ayant porté l'étendard des révoltes. Pour échapper aux représailles du colonialisme, ces exilés se sont fondus dans la population en tant qu’agriculteurs. Pour certains, des petits lopins de terre en broussaille, non valorisés, leurs ont été transcrits en titre de propriété en 1889. Les membres de cette population plurielle, une des plus rétives à l’occupation, suite aux différentes insurrections de 1846,..1849,..1851,..1860,..1871,..1916..,1945.., au remaniement des territoires, à la dislocation des Tribus révolutionnaires des Aurès, du Djurdjura des Hauts Plateaux, du Sud…, sont venus chercher refuge dans les montagnes de ce Douar Béni-Marmi et la révolution les avait choisis pour les inclurent dans l'Histoire du peuple. Ces exilés, arrachés comme une dent à leurs Tribus, ont résisté aux conditions sociales dramatiques imposées par le colonialisme. Ils ont préféré subir la misère, la famine…, mais conserver leur honneur, leur dignité et leur culture. Oui ! L'ensemble des Tribus qui avaient porté l'étendard des révoltes furent soumises à des impôts en fonction de leur degré de résistance contre les troupes françaises et en cas de refus de payer, il fut procédé à la saisie de leurs biens. Ceci parallèlement aux mesures de saisie et de réserve prises, même, à l'encontre des femmes et des enfants. Après la saisie de tous leurs biens meubles et immeubles ; leurs terres furent mises sous séquestre et tout l’ensemble distribué aux nouveaux colons. Plusieurs dizaines de tribus étaient passées du statut de propriétaires terriens à celui de salariés saisonniers aux ordres de ces nouveaux colons. Oui ! Ceux qui avaient participé aux insurrections furent traqués et emprisonnés sans jugement. Des peines de mort furent prononcées, d’autres commuées en déportation assortie de travaux forcés dans la ville de Nouméa, en Nouvelle Calédonie. La politique pratiquée par le colonialisme Français contre toute résistance, basée sur les assassinats par toutes sortes d’armes, la terre brulée et la saisie des biens et même la prise en otage de certaines familles de résistants et cela jusqu'à la reddition des leurs. De tout temps, la France perpétua dans ses méthodes de répression contre toute résistance populaire et cela par le recours à tous les moyens dont elle disposait, notamment par l'acier et le feu. Des peines de mort, appliquées aux résistants furent même exécutées sur les places publiques. Ces populations, race invinciblement rétive, ont gardé en mémoire les insuccès de déférentes insurrections. Vivant sur un même sang…, ayant gardé leurs caractères sociologique, culturel et sans se décourager, elles sont restées constamment patientes, vigilantes et guettant toute opportunité de revanche contre le colonialisme. Oui ! Le colonialisme Français, durant les 132 ans de son occupation, nous a organisé un véritable "Génocide Identitaire". Il s’est approprié nos terres, nié notre religion, notre culture, notre langue… Oui, les massacres du 8 mai 45 en sont la preuve frappante, ils ont permis à leurs auteurs de tuer les gens parce qu’ils étaient tout simplement des "Algériens". A travers la résistance de leurs Aïeux légendaires de se débarrasser de la tyrannie coloniale, les conséquences dramatiques, engendrées par chaque insurrection, demeurèrent gravés dans les esprits des habitants de la région, dans les écrits des historiens et dans les œuvres des poètes jusqu’au déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954. L'ensemble de ces valeurs ancestrales, communes à tous ces rescapés, était un des éléments de base à partir duquel l'idée de Nation Algérienne s'est construite. Le 1er Novembre 1954 aura été un des sommets de leur destin et l’aboutissement d’une longue résistance aux agressions menées contre notre religion, notre culture et notre personnalité. Leur devise était "Par notre vie ou notre mort et pour les générations futures". Ils sont restés fidèles pour transmettre du foyer de leurs ancêtres, non la cendre, mais, la flamme des insurrections... Ces hommes, lors de la révolution du 1er Novembre 1954, se sont réunis au sein du Front de Libération Nationale et ont versé leur sang pour assumer leur destin et celui des générations futures. L’avènement du 1er Novembre 1954 avait mis, brutalement, cette génération face à sa responsabilité et sa position a été prise de suite. A cette époque, tout était à faire. Il fallait concrétiser l’idée, la faire propager, réunir la force nécessaire à la révolution et surtout pour un simple paysan, sans entrainement, apprendre seul à se battre contre l’armée coloniale. Ils sont montés aux maquis, arme en main, pour libérer le pays…Ils rêvaient d’inscrire la liberté dans les actes, d’opposer le bien au mal, la vérité au mensonge, l'amour à la haine et d’inscrire la justice et la fraternité entre tous les hommes… Nous le jurons par Dieu et son Prophète que leurs rêves seront, à jamais, nos idéaux et ne seront jamais monnayés. Oui ! Ils ont tenu sermon. Au prix de lourd sacrifice, ils ont libéré le pays, rendu la dignité à la femme en lui accordant les mêmes droits que l’homme pour qu’elle ne se cache plus jamais le visage, éradiqué l’analphabétisme par la généralisation de l’enseignement des deux sexes et cela dans l’espoir de bâtir une société libre et civilisée. Oui ! Ils nous ont légué un précieux héritage "l’honneur". Leur discours patriotique nous parvient, encore, du fond de nos maquis, au rythme de la vitesse du vent. Si cette région parlait, elle dirait : "Rentrer dans la sérénité spirituelle de l'Islam qui fut mon rempart en béton, je fus une terre de batailles et de passions. Tout au long des siècles, mon sol à chaque insurrection fut irrigué du sang de mes braves ... J'ai résisté au colonialisme Français, je l’ai combattue et vaincue". Le peuple algérien est un peuple libre. Son histoire est une longue chaine de luttes qui ont fait de l’Algérie de toujours une terre de liberté et de dignité. Ce peuple a écrit avec son sang les pages d’histoire de la libération de sa patrie. Les ayants-cause de ces aïeux légendaires ont, aujourd’hui, l’obligation impérieuse d’exiger la reconnaissance de leur sacrifice surhumain. L’Algérie, terre d’islam, partie intégrante du Grand Maghreb, pays arabe, méditerranéen et africain, s’honore du rayonnement de sa Révolution du 1er novembre et de ses idéaux qu’elle transmet aux générations futures, dignes héritières des pionniers et des bâtisseurs d’une société libre et civilisée. Ce témoignage, rapporté et établi par son fils Cherfa Halim, est un hommage à tous les Martyrs des successives luttes d’indépendance et s'il ne leur redonne pas la vie !!! Il demeure en tout cas dans la continuité de leurs idéaux historiques. C'est de notre devoir de mémoriser et de transmettre leur Histoire. Gloire à nos Martyrs ! Vive l’Algérie !! |
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