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日志


2007年11月

Khanguet Sidi Nadji

Khanguet Sidi Nadji

 

Khanguet Sidi Nadji vaut la Visite !

 

Ma dernière visite d’inspection était Khanguet Sidi Nadji, située sur la route Khenchla-Biskra, à une centaine de Kilomètres, au Nord-est de Biskra, précisément à la sortie des gorges de Oued El Arab, au pied des derniers contreforts de l’Atlas saharien.

 

Une Cité, pratiquement déserte, un Oasis d’un décor fantastique sur la gorge de l'oued El-Arab. Cette région a été classée récemment réserve internationale. Les maisons bâtis en Tôb n’abritent qu’une vingtaine de familles, le reste est dans un état de délabrement avancé et par conséquent inoccupé.

 

Cependant, une opération de réhabilitation de l’ancien noyau bâti a été consacrée à la Sraïa de Sidi Mohamed Ben Hsine, une demeure d’anciens notables qui par sa couleur, sa forme et ses divers étages rappelle le type d’habitation traditionnelle yéménite.

 

En face de cette Sraïa, se trouve la coquette mosquée de Sidi M’barek Ben Belkacem Ben Nadji, Mokadem de la Tariqa Naciria et à quelques encablures et en bordure de la palmeraie, se trouve la Zaouïa (réhabilitée) ainsi que la tombe de Sidi Abdelhafidh El Ouandjali El Khangui, martyr et tombeur du commandant St-Germain, en Septembre 1849.

 

Si A el Hafid 

Cheikh Sidi Abdelhafid était un Chorfa de la Tariqa Rahmania ; il prêcha la guerre sainte et fait appel aux khouans de toute de la région. Par son sens de persuasion, sa devise philosophique "Nous sommes prêts à sacrifier nos biens avant nos enfants, nos enfants avant notre pays et notre pays avant notre religion", il arriva à réunir et marcha sur Biskra à la tête de plusieurs centaines de volontaires des tribus les plus rétives de Djebel Cherchar, des Béni bou Slimane et d’Ahmar Khaddou.

 

Après une première escale du côté du lac d’El Habel, le lendemain Cheikh Sidi Abdelhafid se dirigea avec sa troupe vers la sirène des Ziban, la Vescera romaine, la ville aux deux millions de palmiers, Biskra de notre temps moderne.

 

Seriana, distante d’environ 19 kilomètres à l’Est de Biskra, est une ville toute proche de la mosquée Sidi Okba, centre religieux de la région et lieu de pèlerinage de nombreux musulmans ; là, se trouve la tombe de Sidi Okba Ibn Naafaa Elfehri, mort, vers 684, dans une embuscade montée par l’armée d’El-Kahina à Tahouda.

 

Arrivés à destination, au matin du 15 Septembre, l’accueil leur fut chaleureux et convivial. Cheikh Sidi Abdelhafid connait bien la région et les hommes. Il était estimé à des centaines de kilomètres à la ronde. Les populations environnantes, aussitôt, se mêlent, se mélangent et s’enrichissent, faisant de cette insurrection, d’une bataille imminente, un évènement important défiant le temps et l’espace.

 

Au plus tôt, le lendemain, Cheikh Sidi Abdelhafid vint audacieusement s'établir et planter son drapeau vert, en signe de défi, sur le versant des montagnes arides situées à une faible distance de Biskra.

 

A la première heure de la journée du 17 Septembre 1849, le commandant  Saint  Germain  marcha  contre  lui  avec  la garnison de Biskra. Il réunit une armée d’environ 1.500 hommes : deux compagnies du 3e bataillon d'Afrique ; un escadron de chasseurs ; 300 fantassins ; 150 cavaliers et les goums de Ben-Gana au service la France.

 

Un terrible combat, ce même jour, fut engagé à Seriana, occasionnant plusieurs centaines de mort de chaque côté. Lors de cette bataille, Saint Germain fut tué. Malgré la mort du commandant, l'armée française, forte en nombre et en armement, réussit à repousser les insurgés. Cheikh Sidi Abdelhafid, gravement blessé, fut contraint de se retirer avec le reste de ses partisans à Khanguet Sidi Nadji. Une autre partie de ses partisans se réfugie en Tunisie.

 

Après cette sanglante bataille et la mort du commandant Saint Germain, les forces ennemies décidèrent de poursuivre le Cheikh jusqu’à sa demeure à Khanguet Sidi Nadji. Arrivées devant la Zaouïa, un officié colonial, appartenant au bureau Arabe, donna l’ordre à un civil : -- Va dire à Abdelhafid de se rendre et sortir sans arme.

 

Cheikh Sidi Abdelhafid répond au messager : -- Va lui dire que Allah l’a demandé avant lui et qu’il va si rendre dans l’instant qui suit la Chahada (profession de foi) et qu’il ferait mieux d’apprend à épeler le Coran sublime pour connaître la justice.

 

Par la grâce d’Allah et pour ne pas être humilié, il rendit l’âme dans l’instant de ces derniers mots. Ses disciples l’enterrent tout naturellement dans sa Mosquée de Khanguet Sidi Nadji, afin de témoigner d'un de ses nombreux prodiges.

……………………..Fin

 

Tribu des Dhouaouda

 

Sidi Khaled

 

MYTHE ET REALITE DES DHOUAOUDA

 

Mohamed ben Ali Bou Okkaz ; mort en 1823. (Epitaphe tombale du Centre)

Mohamed ben Ali Bou Okkaz fut appelé Mohamed Debbah (l’égorgeur) en raison de sa cruauté sans scrupules. Issu de la famille Bou Okkaz, dite Ben Sakheri, il était le chef traditionnel des Dhouaouda, des tribus du Sud et des Hauts-plateaux.

Les historiens n’ont pas été précis sur sa biographie, mais on peut avancer sans contestation, qu’il occupa le poste de Cheikh El Arab jusqu’à 1821 et céda le poste à son neveu Ferhat Ben Saïd, deux années avant sa mort en 1823.

En effet, pour collecter les impôts et mener des opérations militaires, il fit venir 400 noirs du Sud, dotés de chevaux et d’armes, les fixa du côté de Boghni (Kabylie) et leurs attribua des parcelles de terres. Il fit égorger dans la région, ditons, des centaines, plus de 1.000, personnes refusant de payer l’impôt.

 

Ferhat Ben Saïd 1786 – 1842, (Epitaphe tombale de Gauche)

Ferhate Ben Saïd Bou Okkaz, neveu de Mohamed ben Ali Bou Okkaz, à la tête des Ben Sakheri, a succédé à son oncle, en 1821, au poste de Cheikh El Arab.

Suite à une mésentente, suivie d’une révolte, Bey Ahmed, lui avait suscité, en 1827, un rival, Bouaziz Ben Gana. Ce dernier, mécontent de cette rivalité, était devenu l'ennemi du Bey et avait soutenu contre lui des attaques qui s'étaient terminées, toutes, par des échecs.

Après la prise de Constantine par l’armée Française, Ferhat Ben Saïd, arrivait le 27 Octobre 1837, muni d’un engagement signé de 16 chefs de tribus du Sud, des hautes plaines et du Tell et  avec un millier de cavaliers encadrés par : - Ahmed Chérif, Cheikh de Ksar Teïr (Righa) ; Ben Henni Ben Yellès, Cheikh des Ouled Ameur de Sétif ; Ahmed Ben Mohamed Ben Guendouz Mokrani et son cousin le Cheikh titulaire de la Médjana ; Mohamed Ben Daoud Caïd de Zemmoura, pour négocier leur soumission et se mettre au service de la France.

Las d'attendre la réponse française, Ferhat Ben Saïd libère ses affidés et regagne le Sud. Il  porta  alors  toutes ses forces contre Biskra  qu'il occupa en janvier 1838. Il sera investi, en 1840, par l’Emir Abd El Kader de la charge de Khalifa du Sahara pour les régions du Sud traversées par l'Oued-Djedi.

Son investiture officielle, en tant que représentant de l'Emir, sera confirmée par le général Valée. Il resta à ce poste jusqu’à sa mort, survenue en 1842.

Après l’occupation de Biskra, en 1844, la France (le Duc d'Aumale) désigna Bouaziz Ben-Gana dans les fonctions de cheikh el Arab et met fin au mythe traditionnel des Dhouaouda.

 

L’héroïne HYZIA Bent Ahmed Ben el Bey (Epitaphe tombale de Droite)

Hyzia bent Ahmed Ben-el-Bey, issue de l’illustre Tribu des Dhouaouda, originaire de Sidi Khaled (Ouled Djellal), née en 1855 et décédée en 1878, à l’âge de 23 ans. Son amour pour son cousin Saïd est devenu célèbre, après sa mort.

Le Poème Hyzia, de culture populaire bédouine, a été composé et chanté pour la première fois, en 1878, par Benguiton à la demande de Saïd, qui avait aimé puis perdu Hyzia.

La musique est caractérisée par la pratique de la poésie chantée, art des pasteurs nomades, qui repose sur la longue kacida à rime unique, au son monocorde de la flute de roseau, et s’articulant sur des thèmes amoureux, épique, religieux.

De nos jours, cette chanson est toujours réadaptée et chantée, avec le même amour et la même passion, par de nombreux interprètes, dont Abdelhamid Abbabsa avec son inoubliable chef d’œuvre Hyzia

Ledit poème a été traduit en langue française à plusieurs reprises : Sonneck (parue dans "Chants Arabes du Maghreb", Maisonneuve, Paris 1902) et revue ensuite par le professeur Hadjiat.

 

Rappel Historique

Durant toute la durée du protectorat Ottoman (1516 à 1830), le pouvoir était maintenu par la stratégie de gouverner "l'indigène par l'indigène" et dans le Constantinois, il était attribué à trois grandes familles, à savoir :

- La grande tribu des Dhouaouda représentée, à l’époque, par Yacoub Ben Ali Bou Okkaz, contrôlait le territoire s'étend sur une grande partie du Constantinois, allant des alentours de Annaba à Sétif et s’étant au Sud jusqu'à Touggourt. Le Dey attribua à Ali Bou Okkaz le titre de "cheikh el Arab", commandeur de tous les Dhouaouda du Sud.

- La famille Abdelaziz commandait les territoires qui s'étendent à l'Ouest de Sétif jusqu'à la Kabylie. Le Bey fit de Abdelaziz commandeur de la Kelaâ des Beni Abbas, le Khalifa de la Médjana.

- Les Herrar, cheikhs héréditaires des Hanencha, contrôlaient, par des Caïds, ceux de l'Est de Constantine jusqu’à la frontière Tunisienne. Les tribus des Hanencha et Harakta, opprimées, étaient souvent en révolte ouverte contre les injustices du Bey et de leurs Caïds.

…………..Fin