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    November, 2008

    Napoléon III rêve d’un Royaume Arabe en Algérie

     

    Napoléon III en Algérie

     

    Le rêve Arabe de Napoléon III

     

    Lors de son premier voyage, en 1860, en Algérie, l’Empereur Napoléon III dénonce les intellectuels colonialistes qui veulent perpétuer les "droits despotiques du Grand Turc" et invoquent le droit de conquête pour "refouler toute la population arabe dans le désert et lui infliger le sort des Indiens de l'Amérique du Nord, chose impossible et inhumaine".

    Son objectif réalisé à coups de sénatus-consultes était sans équivoque : "Convaincre les Arabes que nous ne sommes pas venus en Algérie pour les opprimer et les spolier, mais pour leur apporter la civilisation".

    Pour cela, il préconise la division du travail : aux fellahs incombent l'agriculture et l'élevage, aux Européens l'industrie agro-alimentaire, les activités minières, le grand commerce. L'Etat doit donc s'effacer en tant qu'entrepreneur d'émigration et de colonisation au profit des grandes compagnies ; il doit rendre les sociétés locales "propriétaires incommutables des territoires (...) dont elles avaient la jouissance traditionnelle".

    Napoléon III lors de son séjour d'études en Algérie, en 1865, découvre les fléaux qui accablent l'Algérien : impôts arabes, justice expéditive, usure, etc., et mesure les privilèges des colons : exonération de l'impôt foncier et exemption du service militaire.

    Il consigne son constat et remarques dans une brochure, publiée en novembre 1865, destinée à Mac-Mahon. Il définissait ainsi l'Algérie : "Ce pays est à la fois un royaume Arabe, une colonie européenne et un camp Français. "L'indigène musulman est Français", mais régi par la "loi musulmane". "Tous sujets indigènes qui veulent jouir de la nationalité et de la citoyenneté Française, sont tenus de renoncer à leur statut personnel fixé par la loi religieuse : ils doivent abandonner la polygamie, le divorce (interdit en France jusqu'en 1884) et les prescriptions de leur droit successoral".

    Dans sa proclamation, du 5 Mai 1865, au peuple arabe, il rappelle : "les Gaulois vaincus se sont assimilés aux Romains vainqueurs sans rien abdiquer de leur personnalité". Et il se hasarde à ce pronostic futuriste : "Qui sait si un jour ne viendra pas où la race Arabe, régénérée et confondue avec la race Française, ne retrouvera pas une puissante individualité semblable à celle qui pendant des siècles l'a rendue maîtresse des rivages méridionaux de la Méditerranée" ?

    Napoléon III fait un peu figure de sultan succédant au Dey d'Alger défaillant. Mais la réserve des Algériens, musulmans et juifs, vis-à-vis de tout ce qui ressemble à l'assimilation, ne faiblit pas. D'où le refus massif de la naturalisation : de 1865 à 1875, 371 indigènes seulement y consentiront.

    L’Algérie profonde, la société traditionnelle persiste à rejeter l'étranger. En 1863, une nouvelle flambée de révoltes, allumée par la grande confédération des Ouled Sidi Cheikh, embrase le Sud-Ouest Oranais. De là, elle se propage le long des hauts plateaux jusqu'au Hodna, s'insinue dans le Tell jusqu'à Tlemcen, contourne le Djurdjura et vient lécher la basse Kabylie orientale. Elle durera jusqu'en 1869.

    Toutefois, bien plus que ces révoltes tribales, c'est la terrible disette qui ébranle le "Royaume Arabe". Conjuguée au retour offensif du choléra, puis du typhus, la famine décima plusieurs milliers d’Algériens. Cette disette s'explique d'abord par des calamités naturelles : sécheresse prolongée entrecoupée d'orages dévastateurs, invasions de criquets.

    Ses causes naturelles sont amplifiées par la monétarisation de l'économie. La récolte désastreuse de 1867 surprend des fellahs, qui ont pris l'habitude de puiser dans leurs réserves pour s'acquitter de l'impôt, rembourser l'usurier, améliorer leur train de vie. La faim jette vers la zone côtière les tribus des hauts plateaux.

    Les partisans de la colonisation à outrance fustigent les opérations de délimitation foncière menées par les officiers de Bureaux Arabes avec une minutie et une probité impressionnantes. On crie haro sur la terre arch : "L'indivision de la propriété est la véritable cause de la marche rétrograde dont les Arabes nous donnent le spectacle, et la division de la propriété, voilà le salut", professe devant le Corps législatif le comte Le Hon, que l'Empereur avait choisi comme émissaire personnel pour mener en Algérie l'enquête agricole de 1868.

    Napoléon III, usé par la maladie de la pierre, inquiet de l'hégémonisme prussien, harcelé par la conjonction des oppositions, est contraint de lâcher du lest. Cependant, en Mai 1869, il institue une commission chargée de doter l'Algérie de cette fameuse Constitution toujours en suspens et y nomme des représentants plutôt favorables à l'extension du régime civil.

    Sa vision politique se heurtait au juridisme des métropolitains et à la résistance des colons ; c'est finalement l'effondrement de l'Empire qui sonne le glas du "Royaume Arabe". En quelques décennies, les chances allaient disparaître de voir la France s’enrichir de plusieurs millions de citoyens à part entière.

    Dès la fin d'octobre 1870, une avalanche de décrets substitue un gouvernement civil au gouvernement général militaire, octroie la bagatelle de six députés aux 30.000 électeurs Français, supprime la représentation des musulmans, démantèle les Bureaux arabes, suspend l'application du sénatus-consultes de 1863, enfin élargit considérablement l'étendue des territoires civils en subordonnant les territoires militaires à l'autorité préfectorale.

    Dans son projet de Royaume Arabe, Napoléon III n'a pas été compris par son entourage ni servi loyalement par son administration. Il faut reconnaître en lui la vision d’un homme en avance sur son époque.

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    November, 2008

    Mohamed Belouizdad

     

    "Les droits s'arrachent ; ils ne se donnent pas".

    Belouizdad 

     

    Premier chef de l'Organisation Secrète paramilitaire (O.S), à l’âge de 23 ans, de 1947 à 1949

     

    Son nom : Mohamed Belouizdad

     

    Ses origines : Algérois du quartier de Belcourt

     

    Naquit : Né le 03 novembre 1924 dans le quartier de Belcourt d’Alger.

     

    Son parcours Historique :

     - Mohamed Belouizdad, membre du bureau politique du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD), précurseur de la lutte armée, est l'un des premiers chefs de l'Organisation Secrète paramilitaire ( O.S). Il fut un militant irréprochable aux positions inébranlables.

    - En 1942, après ses études au collège du Champ de Manœuvres et secondaires à l'école Caussemille du Hamma, Belouizdad atteindt l'équivalent du baccalauréat et fut employé dans les services de l'administration des affaires musulmanes du Gouvernement Général français à Alger.

    - En 1944, Belouizdad adhéra au Parti du Peuple Algérien (PPA) et milita au sein de la kasma de Belcourt. Il apporta à la direction du parti un nouveau souffle et des informations de la plus haute importance. Il accéda très rapidement à la direction du Parti du Peuple et participa à la parution des journaux clandestins, tel que El Watan (la patrie), 1er Numéro publié en janvier 1944.

    - En 1945, après la sanglante répression de Sétif et Guelma et l'arrestation de la majorité des militants de ces régions, Belouizdad fut désigné pour prendre en charge le redéploiement des militants du Constantinois qui sollicitent à passer aux actions violentes pour "libérer" l'Algérie.

    - Belouizdad sollicita le militant Rekimi Djilali pour mettre en place les structures paramilitaires de l'Organisation Secrète (O.S) à Alger. Il désigna un groupe politico-militaire dans les régions de Chlef, Oran et Constantine, dont les plus éminents sont Ahmed Ben Bella, El Hadj Djilali, Aït Ahmed, Boudiaf et Mohamed Marouk.

    - Mohamed Belouizdad, au bout de deux années, réussit non seulement à réorganiser les structures du parti, mais à constituer dans les Aurès, avec l'aide de Mohamed Issabi, la première cellule à sa tête Mustapha Ben-Boulaïd.

    - En 1947 (février), le congrès du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques" (MTLD) décida de constituer une organisation paramilitaire afin de déclencher la lutte armée. Il désigna Belouizdad, membre du bureau politique, à la tête de ce qui devint l'Organisation Secrète (O.S).

    - En 1949, suite aux vicissitudes de la clandestinité, Belouizdad contracta une tuberculose, ce qui le contraignit à s'aliter. Il sera remplacé par Aït Ahmed. Ce dernier entreprend l'achat d'armes et passe aux actions violentes comme l'attaque de la poste d'Oran, le 04 avril 1949.

    - En 1949, lors de la crise, l’élite Kabyle de la fédération MTLD de France fit voter une motion, établie par Mohand Ali Yhia (dit Rachid) déclarant que "nous nous battons pour la démocratie, la laïcité, l’indépendance et pour une Algérie algérienne" et dénonçant le mythe d’une Algérie Arabo-islamique. Cette crise conduit au remplacement d'Aït Ahmed par Ben Bella, à la tête de l'Organisation Secrète (O.S).

    - En 1950, l'Organisation Secrète, bras armé clandestin du MTLD, fut démantelé par la police française à la fin de l'année. Plusieurs membres dirigeants de l'OS sont arrêtés, jugés et condamnés à de lourdes peines. D’autres, en fuite, sont condamnés par contumace pour leur responsabilité dans différents attentats.

    - L’origine du démantèlement est du à une affaire banale, d’ordre organique. Sur ordre de Boudiaf Mohamed, le conseil de discipline d’Annaba, en Mars 1950, avait décidé une expédition punitive à l’encontre de Khiari Abdelkader (dit "Rehaïm" de Tébessa) soupçonné de collaborer avec l’ennemi. Le groupe chargé de la mission (Didouche Mourad, Amar Benaouda, Brahim Adjami et Hocine Benzaïm) avait mal géré cette affaire qui entraina la dissidence de "Rehaïm" et coûta très cher à l’Organisation Secrète.

    - En 1952, Belouizdad mourra, le 14 Janvier, à l'âge de 28 ans. Il repose au cimetière de Sidi M'Hamed dans le quartier populaire de Belcourt qui porte aujourd'hui son nom.

    - Après la mort de Belouizdad, Aït Ahmed lui succéda à la tête de l'Organisation Secrète (OS).

     

    Sa mort : le 14 Janvier 1952 à Alger.

     

    Sa devise : "Les droits s'arrachent ; ils ne se donnent pas".

     

    ......................................Leguelmois