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    November, 2009

    L'Algérie à travers les époques

    (الجـزاءـر عبر العـصور)  

    L’ALGERIE A TRAVERS

    LES EPOQUES 

    - Recueil  historique -

      

                                                              Photo des ruines de Timgad transposée par l’Auteur sur la carte de l’Algérie Méditerranéenne.

    _________________________________

    Si l’Algérie parlait, elle dirait : "Convoitée tout au long des siècles, je fus une terre de batailles et de passions.

     Mon sol est parsemé de tombes d’innombrables conquérants : Phéniciens, Carthaginois,

    Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, Turcs, Espagnoles, Français".

     

    Le présent recueil historique a été écrit par Halim CHERFA°:

                          

    Il est d’usage de considérer qu'on ne peut vraiment préparer l'avenir qu'en connaissant bien l'Histoire !

    Le présent livre, recueil historique, démystifie un passé refuge qui nous aurait empêchés de sortir

    d’une léthargie mythique et de regarder l’avenir.

     

    De par la recherche comparative et les repères, tel qu’ils nous ont été légués par nos ancêtres, il vivifie la

    longue chaine, plusieurs siècles, de luttes qui ont fait de l’Algérie de toujours une terre de batailles et de passions.

     

    De par les sources de documents historiques, l’Algérien, personne n'en doute, n'a pas été amené dans

    le pays par aucun quelconque conquérant. Les composantes de son identité plurielle furent posées sur

     le socle autochtone berbère de l’Algérie méditerranéenne actuelle.

     

    Plus vous creusez dans son vieux tronc, plus, sous l'écorce arabe, vous trouvez la sève berbère.

    L’histoire algérienne ne se rattache pas nécessairement et exclusivement à l’histoire arabe. Même

     si son arabité est importante, son histoire commence bien avant la conquête arabe.

     

    Appuyé d’une riche cartographie, photographie, le présent ouvrage permet au lecteur d’illustrer

    chaque époque avec ses grandes personnalités historiques qui ont allumé le flambeau des sciences

    ou ayant défendu par les armes le droit du sol et du sang.

     

    De par ses repères, l’assemblage chronologique des évènements, tel l’œil de Qâbîl (Caïn), il est

    un éveil historique qui éclaire, d’un jour nouveau, un large public !

     

    Un ouvrage de culture d’histoire passionnant qui confronte l'ensemble des sources disponibles ;

    il éclaire et analyse plusieurs points d’ombre, depuis l'aube de l'histoire jusqu'à nos jours.

     

                                                                                             Imprimerie :  Office des Publications Universitaires "O.P.U" – Alger.

     

    November, 2009

    Donat Evêque berbère d'Afrique du Nord

             Donatus Magnus (Donat le grand) Evêque schismatique

                    d’Afrique du Nord, de 275 à 355

                                             

     

    Vrai nom : Donatus Magnus (ou Donat le Grand), évêque schismatique d'Afrique du Nord.

     

    Origine : Berbère de Cellae Nigrae (Cases Noires), entre Négrine et Besseriani W. Tébessa-Algérie.

     

    Naissance : né vers 275 (date non confirmée)

     

    Parcours historique

    Le Donatisme est un mouvement Chrétien réformiste des IVe et Ve siècles, qui estimait que

    la valeur des sacrements dépendait du caractère moral du ministre. Sa genèse est dans un

    climat de persécutions des chrétiens. En Numidie et en Proconsulaire, les gouverneurs se

    livrent à des perquisitions et détruisent les objets du culte. Les évêques sont sommés par les

    autorités de livrer les écrits sacrés et les objets du culte.

    - Les attitudes sont diverses : Felix, évêque de Thibiuca, s’y refuse et se voit transféré puis

    exécuté à Carthage ; Paulus, évêque de Cirta, obéit et livre tout ; l’évêque de Carthage, Mensurius,

    use d’un stratagème et ne livre que des ouvrages que les chrétiens considèrent comme hérétiques.

    - Le donatisme tire son nom de Donatus évêque de Cellae Nigrae (Cases-Noires) en Numidie.

    Le principal point d’achoppement des donatistes avec l’Église officielle concernait le refus de

    validité des sacrements délivrés par les évêques qui avaient failli lors des persécutions de Dioclétien.

    - En 304, la loi exigeant un sacrifice général aux dieux romains, donne une nouvelle tournure

    aux persécutions. Les chrétiens qui refusent de s’y conformer sont menacés de mort ou condamnés

    aux travaux forcés.

    Certains chefs religieux cèdent aux contraintes du pouvoir, livrent leurs coreligionnaires aux

    Romains et vont jusqu’à bruler en public des livres sacrés. Ces chrétiens renégats sont désignés

    sous les termes de lapsi (celui qui est tombé) ou encore de traditores (livrer, les livres sacrés).

    - Vers 305, période de paix de Maxence, apparurent les premières manifestations de ce qui

    allait devenir un schisme pour certains. Les réunions pour la succession de Paulus firent apparaitre

    l’opposition des purs à ceux qu’ils qualifiaient de traditores et autres traitres.

    - En 307, Donat évêque de Cellae Nigrae, animateur intransigeant de la contestation contre la

    nomination de l'évêque de Carthage, sera à l'origine du donatisme et qui divisa les chrétiens

    africains pendant le IVe siècle.

    - Vers 308 à 310, l’Afrique est provisoirement détachée de l’Empire après la sécession de

    l’usurpateur L. Domitius Alexander. L’Église dans sa majorité se montrait tolérante envers

    ceux qui avaient failli (les lapsi) et réintégrait les prêtres et évêques qui embrassaient de

    nouveau le christianisme. Mensurius est donc réintégré comme primat d’Afrique.

    - En 312, l’opposition donatiste apparut à la suite de la consécration de Cécilien évêque

    de Carthage, accusé d'être un traditore. Un groupe d'opposition de 70 évêques, mené par

    le primat de Numidie, forma un synode à Carthage et déclara non valable la consécration

    de l'évêque. A sa place, ils élurent Majorinus (Majorin).

    - En 313, l’élection de Majorinus (Majorin) fut rejetée et condamnée par le concile de Rome.

    Cécilien fut reconnu comme l’évêque catholique de Carthage par l’administration impériale,

    qui condamna les donatistes et Donat fut excommunié par le pape Miltiade.

    - En 315, après la mort de Majorin, le théologien Donat le Grand devint évêque de Carthage.

    Il organisa la dissidence ; le mouvement lui emprunta son nom.

    - En 316, après que l'Empereur romain Constantin Ier eut émis le souhait de parvenir à un

    accord, le conflit fut soumis à différentes institutions ecclésiastiques et à l'empereur lui-même ;

    à chaque fois, la consécration de l'évêque Cécilien, élu à l'origine en 311, fut maintenue.

    - En 317, les donatistes contrôlaient de nombreuses communautés, l’application de la loi

    s’accompagna de nombreuses violences, à Carthage et dans les provinces africaines.

    - En 321, Constantin 1er essaya d'abord d'éliminer les donatistes par la force, puis il adopta une politique

    de tolérance. Cette politique fut abandonnée par son fils cadet Constant Ier qui instaura un régime de persécution.

    - Vers 340, des bandes d’ouvriers agricoles itinérants, les circoncellions, écrasés par les exigences

    de l'État romain, se révoltaient. Ils rendaient responsables de leur misère les propriétaires terriens

    et les fonctionnaires romains. Ils se dressèrent contre les propriétaires terriens, les forçant par la violence

    à annuler leurs dettes et à affranchir les esclaves.

    - Les circoncellions (de circum cellas, ceux qui vont de grange en grange) sont de pauvres paysans

    saisonniers et des journaliers indigènes ou des rôdeurs à main armée. Ils mettent rapidement en

    parallèle leur misérable situation économique et celle des fidèles donatistes opprimées par Rome

    pour rendre le mouvement, non pas seulement anticatholique, mais aussi anti Romain.

    - Vers 340-345, le comte Taurinus, commandant de l'armée d'Afrique, les considérants comme des

    bandits, les massacre. Très vite, un amalgame est fait entre les circoncellions et les fidèles donatistes.

    - Le fanatisme religieux succède alors aux revendications sociales. Les exaltés s'immolent sur des buchers,

    se jettent, parfois en groupe, du haut de rochers. Ils méritent alors la palme du martyre et sont vénérés comme des saints.

    - En 347, le donatisme élargit encore son audience populaire par une alliance explicite avec le

    mouvement des circoncellions autochtones qui luttaient, d’une façon violente et organisée, contre

    les abus des propriétaires fonciers. Ce mouvement, organisé dans les montagnes, s’abandonna

    aux excès les plus sauvages. Traqués, massacrés par les troupes impériales, ils recevaient la mort

    avec la joie des martyrs ou se précipitaient eux-mêmes du haut des rochers.

    - En 355, Donat fut arrêté par l’empereur Constant 1er et envoyé en exil où il mourra. Quelques

    années plus tard, Julien l’Apostat rétablit les dissidents dans tous leurs droits. Il mit fin aux exils des

    donatistes et leur fit restituer leurs lieux de culte.

    - Vers 372-375, l'agitation sociale sème le trouble dans toute l'Afrique du Nord. Les circoncellions

    prennent parti pour Firmus (chef de la Mauritanie césarienne), lors de la rébellion des montagnes.

    Environ 20.000 hommes se joignent à lui. Firmus est proclamé Roi par les Berbères avant son suicide.

    - En 393, Saint-Augustin évêque d’Hippone mena le combat décisif sur le plan théologique : le synode

    d’Hippone qu’il présidait en 393, condamna, sans effet, les donatistes.

    - En 406, la révolte est assez importante. Optat de Milev et saint Augustin d'Hippone les décrit donc

     comme des bandits commettant des vols à main armée, des assassinats et des mutilations en tout genre.

    - En juin 411, sous l’égide impériale se tint la conférence publique de Carthage réunissant 279 évêques

    donatistes et 286 évêques catholiques dont Augustin était le porte-parole. Les catholiques l’ayant

    emporté, une Loi antidonatiste sera promulguée : leurs églises et propriétés furent transférées

    aux catholiques, leurs clercs exilés et leurs fidèles condamnés à l’amende.

    - En 415, les donatistes furent alors privés de tout droit civique, l'année suivante, leurs assemblées

    furent interdites sous peine de mort.

    - En 418, suite à cette dernière Loi, un grand nombre de communautés donatistes revinrent

    à l’orthodoxie. Néanmoins, quelques évêques donatistes campèrent sur leur position : comme

    Gaudentius à Thamugadi (Timgad) ou Emeritus à Césarée (Cherchell).

    - Sous la domination arienne des Vandales conquérants, les donatistes et les catholiques

    furent persécutés. A l’époque byzantine, Justinien prit encore des mesures contre les donatistes.

    Le donatisme survécut jusqu’aux conquêtes musulmanes qui ne faisaient aucune distinction entre les chrétiens.

     

    Mort : mort en exil vers 355 dans un lieu non indiqué.

     

    Anecdotes : Voltaire disait : "Les premiers des chrétiens qui ont pris séditieusement les armes

    avec une ardeur furieuse, sous prétexte de persécution, ont été les donatistes".

                                                                                                           Leguelmois

     

    Koceila Roi des Awarba (Aurès-Algérie)

    Koceila Roi de la principauté des Awarba de la région

            occidentale des Aurès, de 640 à 688

                                  

     

    Vrai nom : Kekilianus ou Caecilianus en latin, prononcé Koceila Ibnou Melzem par les Arabes.

     

    Origine : Berbère chrétien, descendant de la lignée du Roi Mastias Roi de la principauté des

                    Awarba occupant une partie des Aurès.

     

    Naissance : Vers 640 dans la tribu Awarba, région occidentale des Aurès (Algérie).

     

    Parcours historique

    - En 675, battu à la bataille du côté de Tlemcen, Koceila fit sa soumission et se convertit à l'Islam.

    Il réussit à gagner la confiance du chef musulman Abou el Mouhadjîr Dinâr et devint même l'un

    de ses proches collaborateurs.

    - En 681, Koceila fut mal traité et humilié en public par Okba Ibn Nafaa, il abjura l'Islam,

    s'allie aux Byzantins et lève une armée contre les Arabes.

    - En 683, il mena victorieusement une bataille contre l’armée arabe, à Tehouda près de Biskra.

    Okba ibn Nafaa fut tué et son armé évacue l’Afrique du Nord, elle se retire vers l’Egypte.

    - Koceila, allié des Byzantins, marcha et occupa la place forte de Kairouan. Il berbérise l’appellation

    Kairouan par "Takirwant" et en fit sa capitale durant un règne de cinq ans, de 683 à 688.

    - En 686, le khalifat d’Abd el Malik nomma Zohaïr Inb Qaïs au poste d'Emir d'Ifriqiya. L’armée

    Oumamyoun revient à la charge et reprend Kairouan.

    - En 688, Koceila fut tué à la bataille de Mems (Tunisie). Les Arabes, à leur tête Zohaïr Inb Qaïs,

    prennent Carthage aux Byzantins.

    - Koceila ferme la succession des Aguellids. La Reine Kahina (Dehya) reprend le flambeau de la résistance.

     

    Mort : En 688 à la bataille Mems (Kairouan-Tunisie).

     

    Anecdotes : D’après la tradition orale véhiculée par les autochtones, on raconte que :

    "Okba Ibn Nafaa ordonna, par des paroles offensantes, à Kocceila d’écorcher un mouton,

    ce dernier refusa et porta ses mains ensanglantées sur sa barbe. On lui demande les raison de ce geste ?

    Il répond que cela est bon pour les poils ! Okba considéra ce geste comme menace et lui fait lier

    les mains derrière le dos. Koceila réussit à s'enfuir et à rejoindre sa tribu. Il abjura l'Islam,

    s'allie aux Byzantins et lève une armée contre les Arabes".

                                                                                               Leguelmois