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日志


2008年9月

Origine des Kabyles ou "Kablou (accepter)"

Kabylie et ses environs

 

Kabyles, Kabayel, Kablou (accepter) ou Amazigh 

 

 Les Zouawas se rattachent à une branche de la tribu des Kotamas, désignée par les Arabes par le terme "Kabayel" (Kabyle).

Ils occupaient les gorges les plus reculées du Djurdjura (haute Kabylie). Ils sont devenus, à leur tour, une confédération composée

de plusieurs grandes tribus : les Beni Fraoucen, les Beni ldjer et les Beni Roubri.

 De nos jours, ces trois grandes tribus sont peuplées par les Béni Betrun (At Yanni, At Budrar, At Bu Akkach, At Wasio)

et les Béni Mengellat (At Mengellat, At Bu Yusef, At Weqbil, At Attou). Ses habitants sont appelés aussi dans certaines

régions Kabayel Nighse (veut dire : Je lui ai dis, ou je crois bien) en faisant référence à la haute Kabylie.

 Pour désigner cette confédération de tribus Zouawa on utilisait ordinairement le mot Gaouawa ou Zouawa, une déformation d’Agawa.

Race d'hommes intrépides et fiers, ils avaient la réputation d'être les meilleurs fantassins de la régence d'Alger.

L’alimentation par leurs contingents de la force militaire des frères Barberousse, les liens avec les Ottomans, avec ces périodes de conflits

et de paix, avaient donné un sens à la présence Turque et marqué, jusqu'à nos jours, la région et principalement celle de Dellys.

 A l’instar de l’Algérie, la Kabylie est constituée de populations d'origines diverses. Les descendants de tous les anciens et nouveaux

venus de différents types, souches et races, se sont relativement fondus dans le tissu social autochtone actuel. Cependant, les marques

de passage de ces nouveaux venus et de leur présence demeurent encore indélébiles de nos jours.

 Selon une étymologie populaire, le terme Kabayel (Kabyle) viendrait du mot arabe kablou, signifiant "accepter" et ferait

référence aux populations de certaines tribus ayant abandonné la langue arabe pour accepter la langue berbère.

 Le récit de la tradition, non confirmée, laissée par les anciens serait : à l’arrivée des Arabes toutes les montagnes de Djurdjura étaient,

très peu, occupées par des Berbères autochtone. Dés le 8e siècle toute la région, principalement les vallées,

était majoritairement arabisée, exceptées trois tribus, d’origine Perse, venues s'établir, en bon voisinage, aux autochtones Berbères :

- La tribu des Beni Fraoucen, avec ses voisins : les Amraoua, les Beni Iraten (devenu Fort-National), les Beni Khelili et

les Beni Menguellat de la tribu des Zouaoua.

- La tribu des Beni Idjer, avec ses voisins : les Beni Roubri, les Beni Illilten (désignée aussi sous le nom d’Itsôra),

les Beni Ourlis et les Beni Yahia (devenu Michelet).

- La tribu des Beni Roubri, avec ses voisins les Azazga.

 Le grand nombre d’alliances contractées, dans la région, entre ces trois tribus et les tribus autochtones, jointes aux rapports

existant entre elles, ont occasionné en peut de génération un changement de langage au profit d’un dialecte intégrant des mots arabes.

Ce langage, parlé aujourd'hui dans les régions montagneuses de Djurdjura en grande Kabylie, est désigné par le terme Kabyle ou Tamazigh.

 Dés lors, la dénomination de Kabayel ou Kabyle a été donné aux populations de ces tribus parce qu’elles se sont détournées de la langue arabe

et accepté (kablou) de parler la langue berbère. Voilà l'étymologie du mot Kabayel, issu de Kablou, francisé Kabyle et de nos jours Amazigh.

 Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que le nom "Kabyle" fait son apparition comme nom propre dans la littérature historique et géographique

de l’Afrique du Nord. Le voyageur Anglais Thomas Shaw, dans ses écrits, désigne par ce nom tous les Berbères de l’Algérie

septentrionale : "A en juger par la situation et l’idiome propre et particulier des Kabyles, qui diffère matériellement de l’Arabe,

on est porté à croire que c’est le seul peuple de la Barbarie qui ait quelque analogie avec les anciens habitants de l’Afrique".

 Au XIXe siècle, l’occupation française consacra définitivement le nom Kabyle, d’abord pour désigner les Berbères de l’Algérie

septentrionale, ensuite uniquement ceux du Djurdjura et de ses prolongements. Cette politique de désignation fut, semble-t-il, utilisée,

dans un premier temps, en opposition à la politique de Napoléon III et à son idée de "Royaume arabe", dans un deuxième temps,

il devint élément de division ou mieux de séparation ; "désarabiser" le Berbère et en premier le Kabyle devint une priorité.

 Les Kabyles dérivent donc d'un seul et même peuple Berbère, autrefois compact, autrefois dominateur du pays entier ;

mais, plus tard, envahit, refoulé dans les montagnes, circonscrit par des conquérants qui s'approprièrent les plaines ;

morcelé de la sorte en grandes fractions devenues à la longue presqu'étrangères l'une à l'autre.

 Dans l’opération d’exploration de l’Algérie des années 1840 à 1842, E. Carette, dans son livre "Origine et migrations des principales Tribus"

(Paris, Imprimerie impériale 1853), établi, à cette époque, une récapitulation générale de la population Algérienne, comme suit :

 Population……………………...…Arabes et………….......Berbères…………...Total

                                                     Berbères-arabisés

Province de Constantine…………505.750 (39%)…….….788.060 (61%)………1.293.810

Province d’Alger…………………349.200 (44%)…….....438.600 (56%)………..787.800

Province d’Oran………………….424.500 (88%)…..…..…64.300 (12%)…….…..488.800

TOTAUX……………………...1.279.450 (50%)……...1.290.960 (50%)……...2.570.410

…..%.....................................................49.78……..........……50,22………..........….100

 Donc, en Algérie il y a très peu d’Arabes de souche, la majorité de la population est Berbère plus ou moins consciente de son identité.

Dans les contrées montagnardes de la haute Kabylie, le peu d’étrangers ayant pu pénétrer furent absorbés par la société locale.

Le nouveau terme "Amazigh" (humain libre), désignant certaines tribus Berbères, porte aujourd'hui en Algérie une connotation raciale.

Les habitants de la Kabylie, comme le tout le reste des Algériens, oublient qu’ils sont une population plurielle et pensent qu'ils sont

les seuls "Amazigh" parce qu’ils ont gardé, jusqu'à nos jours, des similitudes culturelles et ethniques des anciens Berbères d'Afrique du Nord°! !

 Bien que le terme Amazigh, non attesté ni dans la langue berbère de Kabylie, ni dans aucun dialecte berbère parlé en Afrique du Nord,

fut adopté et légitimé en tant que substantif par certains militants intellectuels kabyles. Ce terme Amazigh prend une extension considérable

et finit par désigner à tort l'ensemble des Berbères, qui devinrent tout d’un coup Imazighen et "hommes libres".

 Libres par rapport à quoi ou à qui ? Cette manipulation sémantique de la notion de liberté à des fins tribales, trouve sa source dans les propos contenus

dans les livres racistes de l'époque coloniale, reprise et adaptée par des francisant kabyles, des intellectuels du temps de l'école des Pères blancs.

 A ces francisant kabyles, les Pères blancs ne leurs ont pas dit que le nom "Franc" est issu d'un terme germanique signifiant "libre" (on trouve toujours free en anglais, frei en allemand) et que la France, pays de langue romane, mais de superstrat germanique, tire son nom des Francs, un peuple germanique, dont le nom signifie "hommes libres", qui se forma tardivement et s’installa sur une partie des terres de l’Empire romain.

 Aucun évènement relatif à quelque période que ce soit, dans le passé collectif des Berbères, ne suppose l'existence de cet Amazigh,

en tant que substantif désignant universellement l'ethnie berbère. Ni les Kabyles, ni les Mozabites, ni les Chaouis, ni les Touaregs,

tous des Berbères d'origine Libyenne, n’utilisaient auparavant ce terme Amazigh pour se désigner universellement.

 Le mot Amazigh n’est apparu dans l’histoire que depuis les années 1940. De nos jours, il est devenu un terme ethnique qui est

appliqué universellement à l’ensemble des Berbères quelle que soit la communauté originelle et originale à laquelle ils appartiennent.

Qu'ils soient Chlouh du Maroc, Berbères Tunisiens de Tataouine, Kabyles de Djurdjura en Algérie, ou les autres de Siouah ou des îles Canaries.

 

Le poète de tous les temps, Si Mohand-Ou-M’hand, du village Souk-el-Arba, ignorait ce déterminatif Amazigh et pseudo-Homme libre.

Il n’avait jamais, dans aucun de ses poèmes kabyles, utilisé le terme Amazigh pour désigner les Berbères dans leur ensemble.

Tandis que les anciennes générations disaient Igawawen, jusqu'à nos jours ; lui, par contre, disait Zwawa (Zouaoua) pour désigner la culture et l'ethnie de la région.

 Enfin, il est utile de rappeler la remarquable illustration de la vérité de cet adage : "Tous ceux qui portent comme prénom Mohamed-Larbi ne sont pas forcément Arabes".

                                                                                                                                             .................................Leguelmois.

 

2008年9月

Mgr Ghaleb Bader futur Evêque d’Algérie

 Une première dans l’histoire de l’Algérie, le Docteur Ghaleb Bader, d’origine Jordanien, a été choisi comme futur Evêque d’Algérie. Il prendra ses fonctions à la date du 10 Octobre 2008.

 MgrBader

                                                       (Interview de Mgr Ghaleb Bader, donnée au quotidien jordanien al-Destour. Traduction de Guillaume Michel).

 

C’est la première fois dans l’histoire de l’Algérie qu’un évêque d’origine arabe est choisi pour présider là l’Eglise de ce pays. Il s’agit du Docteur Ghaleb Bader, président du tribunal ecclésiastique de Jordanie.

Le quotidien jordanien al-Destour a rencontré Ghaleb Bader. Lors de l’entretien, il s’est dit très fier de son pays, la Jordanie, qui se distingue par la coexistence et le vivre ensemble des diverses communautés religieuses. Voici le texte de l’interview :

 

Al-Destour : Votre nomination comme archevêque d’Alger est un événement historique. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Cela signifie beaucoup de choses pour moi personnellement. Je suis le premier évêque d’origine arabe à accéder à cette fonction. Il y a un nombre de chrétiens non négligeable en Algérie et le dernier archevêque est d’origine française. Le nombre des chrétiens européens représente 90 % des chrétiens de ce pays. Un certain nombre d’entre eux d’origine française a pris la nationalité algérienne. Ma mission comme archevêque d’Alger sera de veiller sur eux.

L’Eglise d’Algérie travaille au service de la société dans de nombreux domaines sans tenir compte de la nationalité et de l’appartenance religieuse. De nombreuses bibliothèques sont fréquentées par des gens de toutes confessions et communautés avec pour seul objectif la promotion sociale.

 

Al-Destour : Comment ce choix a été fait et sur quelles bases ?

C’est la Vatican qui choisit. J’ai été désigné parmi un certain nombre de candidats arabes et étrangers. Est naturellement choisi celui qui est le plus compétent. En tant qu’arabe et jordanien, je suis fier de d’avoir été choisi. Ce choix me fait honneur. Il y va du service de mon pays et de la foi chrétienne en tout lieu, afin de répandre le message national de coexistence religieuse dont le Roi défunt Hussein Ben Talal a eu l’intuition et auquel le Roi Abdallah II, que Dieu le tienne en vie, a donné une assise solide.

 

Al-Destour : Communiquerez vous ce message en dehors du pays et le concrétiserez-vous dans votre mission future ?

Bien sûr ! Je vais œuvrer pour le vivre ensemble et la fraternité qui caractérisent tant la Jordanie. Elle est devenue un modèle pour de nombreux pays de différentes confessions. Au niveau régional, des penseurs religieux leaders ont traité la question. La Jordanie peut être fière de cela tout comme nous sommes fiers d’être jordaniens. Où que j’aille, je resterai jordanien.

Nous sommes habitués à servir les sociétés où nous nous trouvons, même si par choix, j’aurais aimé ne pas sortir de cette majestueuse citadelle. Mais nous ne pouvons pas abandonner les sociétés et l’humanité.
Comme tout citoyen jordanien, le charme des chênes verts va certainement me manquer, tout comme la région de Ajloun et sa si belle nature, sa citadelle surprenante, les eaux de Aïn al-Tis, l’air d’Ishtafina.

 

Al-Destour : Viendrez vous visiter votre chère ville, saluer ses eaux et sa citadelle, respirer le parfum de ses chênes ? Espérez-vous la revoir ?

En vérité une fête populaire sera officiellement organisée samedi prochain dans mon village de Ouahadna. Y participeront des enfants du pays et particulièrement ceux de confession musulmane. La nomination d’un enfant du village à la tête de l’Eglise d’un pays comme l’Algérie est pour eux un honneur et une fierté. Personnellement je respecte et estime profondément cela. C’est le plus grand témoignage de la coexistence religieuse dont jouit le peuple jordanien.

 

…………………………..Fin de l’interview de Mgr Ghaleb Bader.

 

2008年9月

Le flambeau Berbère à l’ère Chrétienne

 

Une histoire, une réalité totalement étrangère à l’Algérie Islamisée.

Victor 1er       Miltiades       Gélase 1er

 

 

Tertullian_2           augustin 

                 

C'est paradoxalement en Algérie, pays aujourd'hui totalement islamisé, qu'est né le Christianisme occidental latin. C'est là aussi qu'au Ve siècle le christianisme occidental trouva sa personnalité propre, intellectuelle et spirituelle, grâce à la marque indélébile que devaient lui imprimer la pensée et l'œuvre de Saint Augustin.

Les Européens doivent apprendre que le christianisme occidental n’est pas né en Europe, mais au sud de la Méditerranée et qu’une partie notable de leurs racines chrétiennes latines se trouvent en Afrique du Nord. Cette affirmation qui peut étonner est pourtant largement étayée par l’histoire.

Quand aux Maghrébin, ils doivent aussi connaître le rôle qu’ont joué leurs ancêtres dans une tradition culturelle et religieuse qui leur apparaît aujourd’hui comme une réalité totalement étrangère à leur terre. Qu’il sache que c’est neuf siècles plus tard, ce n'est qu'après l'irruption, au XIe siècle, des Béni Hilal que les dernières communautés chrétiennes se sont dissoutes en Algérie.

En Afrique u Nord, la Cité Phénicienne avait diffusé la pensée Grecque. Rome imposa l’esprit Latin, et bientôt fleurit toute une littérature Africaine. Fronton né à Cirta, Marc Aurèle et Apulée né à Madaure (Algérie) sont les grands écrivains de l’époque. Puis les écrivains chrétiens vont marquer à leur tour la littérature.

Le christianisme fut, à l’origine, considéré par Rome comme une nouvelle secte Juive à laquelle il ne fallait guère attacher d’importance. L’inquiétude commença à percer lorsque l’apôtre Paul porta "la bonne nouvelle", en parcourant la Syrie, l'Asie Mineure, Chypre, la Grèce, l'Italie. Bien que lapidé, emprisonné, Paul la diffusa et organisa la communauté chrétienne.

Victor 1er occupa pendant dix années le trône de saint Pierre, alors que l'Afrique chrétienne vient à peine d'entrer dans l'histoire, Tertullien, lumière de l'Occident, saint Cyprien, le premier évêque d'Afrique à verser son sang pour l'Eglise Chrétienne. Enfin, le plus prestigieux de tous, saint Augustin. Comme si ces quelques noms ne suffisaient pas à faire rayonner la clarté du flambeau Berbère, d'autres encore nous sont offerts, trois papes (Victor 1er (189 à 199), Miltiade (311à 314) et Gélase 1er (492 à 496)), des évêques, des écrivains, des martyrs et des saints de tous âges et de toutes conditions.

La nouvelle religion apparut en Afrique, vers 180, sous le règne de Commode, et s'y propagea de façon étonnante. La grande figure de Tertullien, un des premiers auteurs latins à avoir contribué à la rédaction de l'évangile, domine les débuts du christianisme dans cette région. Ce fils de centurion s'était converti au christianisme vers l'âge de quarante ans. De caractère, violent, que ce soit par la plume ou par la parole, il attaque l'autorité temporelle, n'hésitant pas à bafouer les représentants de Rome et les gouverneurs persécuteurs des chrétiens. Le sang coule sur la terre d'Afrique. L'armée n'est pas épargnée car un chrétien soldat de Jésus, ne saurait servir un empereur Romain. Rome persécute les chrétiens qui refusent de porter les armes et de servir un empereur Romain. En 313 par l’édit de Milan, l’empereur Constantin reconnut enfin à ses sujets la liberté d’être chrétiens.

C'est dans un climat de schisme, à l’époque de la ratification du Nouveau Testament, qu'apparut le grand Saint Augustin, l'un des plus célèbres pères de l'Eglise. Il devint évêque d'Hippone. Saint Augustin présenta la défense du christianisme sous l'aspect d'une lutte contre la cité terrestre et la cité de Dieu. Ce grand Africain mourut au milieu de ses fidèles, tandis que les Vandales assiégeaient Hippone.

L’Algérien d'aujourd'hui doit connaitre ses ancêtres, qu’il sache et prenne pleinement conscience que c’est par eux, après avoir emprunté des dieux à l'Egypte, à Carthage, à Rome, rentré, sans y être contraint, dans le christianisme naissant, qu’il comptera toujours, grâce à ces mêmes ancêtres, parmi les plus purs joyaux de l'Eglise d'Afrique, qui fut l'un des fleurons de l'Occident.

Aussi connaître que l’empire Romain, durant 388 ans d’occupation, a fait de l’Algérie la contrée la plus riche du monde Antique, a laissé au pays, en héritage, de grands modèles de constructions sociales ; les Algériens n’ont pas pu ni les acquérir, ni s’adapter à une logique administrative que les Européens ont repris et sauvegardé l’idéal au prix de multiples guerres civiles et grâce à la ténacité de leur monarchie.

Cette prise de conscience rapprochera les peuples sans distinction de religion pour les amener à agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. Elle aura probablement son impacte positif sur toutes les générations futures pour les aider à mieux se connaître, avec leurs valeurs communes et leurs différences et à élargir le champ de leurs sources culturelles et spirituelles, afin de vivre sereinement leur foi.

…………………………..Leguelmois

2008年9月

Ceux qui cultivèrent les sciences

Les écrivains Berbères de renom avant l’évènement de l’Islam

Ecrivains

                                                                                                                                                                                                                                                

 Les Algériens sont les fils de ceux qui cultivèrent avec succès les sciences. Ils enseignèrent l’Espagne et l’Italie pendant plus de cinq siècles. Ceux qui allumèrent le flambeau des sciences sur l'Europe barbare, qui leurs révélèrent, avant Constantinople et Rome, les écrits des Grecs et des Latins, et leurs donnèrent les premières notions de chimie, de médecine et d'astronomie.

En Algérie, il y a toujours eu et il y a des hommes issus de ce terroir, nourris, formés par lui, qui ont fait, qui font acte d’écrivains, qu’ils s’expriment ou se soient exprimés tour à tour en punique, en grec, en latin, en arabe, en français. Il en est même qui, sans écrire, créent une littérature de transmission orale dans les divers dialectes de l’Algérie Berbère profonde.

Le tableau littéraire de l’Algérie a pour arrière-plan son âge punique et carthaginois. Mais, Carthage fut une vulgarisatrice plutôt qu’une créatrice de culture. Elle a diffusé l’influence Hellénique ; grâce à elle c’est le Grec qui fut la langue des intellectuels Nord-africains. Le grand Massinissa, le plus Berbère des Dynastes, fit donner à ses fils une éducation Grecque. Si nous pensons qu’il y avait une littérature carthaginoise, les Romains, en détruisant Carthage, nous ont privés de la consulter.

De même que le Punique et le Grec s’étaient superposés aux idiomes Berbères. Le Latin s’implanta en Afrique au temps d’Auguste et fut répandu largement par le christianisme.

Les Berbères romanisés ou les Romains berbérisés vont donc apporter à la littérature latine une contribution nouvelle, importante en qualité et en quantité. Des noms d’hommes glorieux, Roi, Ecrivains…, ont marqué le cours d’histoire de l’Algérie. Ils ont écrie des chapitres de science, de gloire et de liberté qui sont montés, grâce à eux, dans le ciel d’Occident.

Il est difficile d’isoler ces écrivains Algériens de l’ensemble latins d’Afrique du Nord. Car la domination romaine a englobé tout le pays, des Syrtes à l’Atlantique, modifiant, selon les époques, la longueur, la profondeur, l’étendue, le nom de ses diverses provinces. Il n’y a pas de différence de nature entre l’écrivain latin Tertullien, appartenant à l’espace de l’actuelle Tunisie, et l’écrivain latin Augustin, appartenant à l’espace de l’actuelle Algérie. En outre, assez nombreux sont les écrivains dont nous savons seulement qu’ils étaient Nord-africains sans plus de précision.

Auguste, d'une rare beauté, petit-neveu et fils adoptif de Jules César, premier empereur romain (63 av. J-C. à 14 apr. J-C.). Son règne fut caractérisé par une floraison remarquable des arts et des lettres, valant au "siècle d’Auguste" de rester une référence culturelle mythique. Le siècle d’Auguste, n’a guère produit que Fiorus et Manilius, dont il y a peu à dire. C’est à partir du IIe siècle qu’on voit les écrivains Algériens, de renom, s’imposer dans la littérature latine, à savoir :

Le 1er Siècle nous a donné Fronton, né à Cirta (Constantine), un Orateur réputé, précepteur de l'empereur Marc-Aurèle, sa correspondance avec cet empereur sera retrouvée et publiée.

Le 2e Siècle nous a donné deux auteurs : Apulée, né à Madaure (M’Daourouch), dont son apologie reste un petit chef-d’œuvre d’astuce et d’humour. Ses Métamorphoses, plus connues sous le nom fameux de l’Âne d’or, un des très rares romans de l’antiquité.

Puis, Tertullien, né à Carthage (Tunisie), une figure emblématique de la communauté chrétienne de Carthage. Théologien, père de l'Église, auteur prolifique, catéchumène, son influence sera grande dans l'Occident chrétien

Le 3e Siècle nous a donné Minucius Félix, né à Theveste  (Tébessa) auteur de "L'Octavius", dialogue philosophique dans lequel il montre que la foi chrétienne peut se concilier avec la culture traditionnelle, notamment avec la philosophie.

Le 4e Siècle fut aussi le siècle de Saint, nous a donné plus de cinq auteurs :

 - Arnobe, né à Sicca Veneria (Le Kef-Tunisie), un apologiste célèbre de la religion chrétienne. Auteur d'une œuvre rassemblée sous le titre de "Adversus Nationes".

 - Donat le grand, évêque de Casa Nigra, près de Carthage, fondateur de la secte Donatiste. Il prit la tête d'un mouvement schismatique opposant les paysans pauvres -Circoncellions- aux riches colons romains et Berbères romanisés.

Donat fut suivi de Parmenianus, son successeur ; de Petilianus, Evêque donatiste, originaire de Cirta ; et de, Gaudentius évêque donatiste de Timgad, un apologiste du martyr volontaire.

 - Saint Optat, évêque de Milev (Mila), adversaire résolu du schisme des donatistes avant Saint Augustin. Laissa de nombreux écrits : pamphlets et polémiques entre 360 et 370.

 - Licentius, poète de Thagaste (Souk Ahras) et disciple de Saint Augustin.

- Saint-Augustin, né à Thagaste (Souk Ahras), évêque d'Hippone (Annaba). Père de l'Eglise, grand théologien et théoricien catholique... Bref, trop connu ; bien récupéré et honoré par l'Eglise comme il est chanté par tous les chrétiens pour mériter d'être présenté. Sa mère, Sainte Monique a deux fois mis au monde Augustin, l’homme et le saint.

Saint Augustin nous donne l’exemple d’un pays toujours déchiré entre ses tendances extrêmes, entre l’Occident et l’Orient, entre la passion et la raison, un phénomène plein de conséquences et propre à nous faire méditer sur les possibilités de l’avenir du Nord-Africain.

Toute grande époque a sa décadence et ne finit pas d’un seul coup. La littérature latine n’est pas morte avec saint Augustin. Les Africains ont continué, pendant près de deux siècles, à lui fournir une contribution qui n’a pas toujours été sans intérêt.

Le 5e Siècle, marqué par l’invasion des Vandales, nous a donné Martianus Capella, né à Madaure (M’Daourouch), auteur du roman "Les Noces de Mercure et de la Philologie".

L’Afrique romaine devenue vandale, à la cour des rois barbares, les écrivains s’y pressaient pour célébrer, toujours en latin, la joie de vivre. Tel que Dracontius, dont un vaste poème didactique peut faire penser à Milton ; tel que Fulgence qui fait penser à Dante, car lui aussi, mais huit siècles plus tôt, était descendu aux enfers avec Virgile pour guide.

Le 6e Siècle a été marqué par la reconquête de l’Afrique par les Byzantins (Romains d’Orient), une époque d’anarchie, de guerre, d’insurrections peu favorables à la vie littéraire. Il en émerge pourtant de Cherchell (Algérie) Priscien, un fameux grammairien, qui a laissé aussi une géographie versifiée.

Puis, Corippus, poète-lauréat, qui a consacré des épopées à la louange de ses maîtres. Il est l'auteur de "La Johannide" où il célébrait la victoire du "Magister Militum" sur les Maures.

L’Algérie, au VIIe siècle, est rentrée dans la sérénité de l’islam qui éteint le flambeau du monde occidental et du christianisme. Son histoire et sa littérature, tournées vers le moyen Orient, dans la nouvelle langue "l’Arabe", prennent une autre tournure riche en évènement, mais pauvre en production littéraire.

Cependant, il faut noter que le Maghreb islamique, tout autant l’Africa romaine, n’ont pas sécrété une haute culture d’inspiration non religieuse, qui soit digne d’admiration. A l’époque romaine, le seul Apulée pouvait se prévaloir du titre de bon écrivain, et le grand esprit était Augustin avec son ouvrage "la Cité de Dieu". A l’époque islamique, sur douze siècles, on ne peut retenir que deux ou trois noms d’envergure : Ibn Sharaf, Ibn Rashîq, une référence dans el adab et la critique littéraire, et enfin, l’illustre Ibn Khaldoun.

En évoquant ses écrivains, nous constatons que leur doctrine était le flambeau de la pensée occidentale. Qu’ils ont éclairé l'Occident, qu’ils étaient quasiment les seuls représentants de la pensée occidentale.

Puissent-ils, ces écrivains, retrouver toute la vigueur de leur flamme et la répandre à nouveau sur le monde, afin qu'elle devienne l'inséparable apanage du titre de Magrébin.

 

……………………………….Leguelmois